Face à une dégradation des indicateurs de santé mentale chez les adolescents, un nouveau dispositif vise à rejoindre les jeunes qui ne fréquentent pas les structures d’accompagnement habituelles. Baptisé Duoado, il est porté par la Maison des adolescents et l’École des parents et des éducateurs de Loire‑Atlantique, et financé par Nantes Métropole et l’Agence régionale de santé (ARS).
Un contexte inquiétant
Les derniers résultats de l’enquête EnCLASS 2024 menée par Santé publique France montrent que près d’un lycéen sur cinq (soit 19 %) présente un risque important de dépression, chiffre en hausse de 3,5 points par rapport à 2022. Dans ce contexte, les autorités sanitaires et les acteurs de terrain cherchent des méthodes pour identifier et accompagner plus tôt les adolescents en difficulté.
Aller à la rencontre des jeunes
Plutôt que d’attendre que les familles ou les jeunes consultent les permanences existantes, Duoado mise sur le « aller‑vers ». Le dispositif cible les jeunes âgés de 11 à 21 ans — ainsi que leurs familles — et concentre ses actions notamment dans les quartiers prioritaires de Nantes et des 24 communes de la métropole.
Julien Coué, directeur de la Maison des adolescents de Loire‑Atlantique, précise que l’objectif est d’accompagner en proximité ceux qui « n’ont pas les moyens de se rendre dans les lieux de permanence existants ». Pour ce faire, Duoado s’appuie sur un binôme professionnel : une psychologue et une éducatrice spécialisée.
"L’idée avec ce dispositif, c’est d’accompagner, en proximité, des jeunes de 11 à 21 ans et des familles volontaires, notamment dans les quartiers prioritaires de Nantes et des 24 communes de la métropole."
Objectifs et limites du dispositif
Les missions du binôme sont décrites comme la levée des freins à l’accès aux soins, la création d’un lien de confiance et l’orientation vers les ressources adaptées. Mélanie Viguier, directrice de l’École des parents et des éducateurs, explique que l’ambition est de faciliter l’entrée en parcours d’accompagnement tout en restant claire sur le périmètre d’action : Duoado n’a pas vocation à prendre en charge les situations d’urgence et n’intervient pas à domicile.
Les problématiques rencontrées peuvent être diverses : dépression, anxiété, éco‑anxiété… Les professionnelles consultées rappellent que ces difficultés ont été exacerbées par la crise sanitaire, un constat partagé dans les consultations de la Maison des adolescents.
Un maillage renforcé du territoire
Duoado s’inscrit dans un ensemble d’offres locales. Le dispositif complète les permanences existantes et s’articule avec d’autres structures : dans les semaines à venir, la Maison des enfants, destinée aux 6‑11 ans et à leurs familles, doit ouvrir sur l’île de Nantes afin de repérer et d’accompagner précocement des signes de vulnérabilité.
| Public cible | Portée géographique | Composantes |
|---|---|---|
| 11‑21 ans et familles | Nantes + 24 communes de la métropole | Psychologue + éducatrice spécialisée |
- Financement : Nantes Métropole et ARS
- But : lever les freins à l’accès aux soins, créer du lien, orienter
- Limite : dispositif non urgentiste, pas d’intervention à domicile
Ce modèle d’intervention « de proximité » illustre une stratégie de santé publique visant à améliorer l’accessibilité des soins psychologiques pour les jeunes. Si les chiffres nationaux alertent sur la progression du risque dépressif chez les adolescents, des initiatives locales comme Duoado tentent de réduire les inégalités d’accès en allant chercher les publics les plus éloignés. Les autorités sanitaires et les structures locales restent toutefois attentives à la capacité du dispositif à repérer les situations graves et à assurer une orientation rapide vers des soins spécialisés quand cela est nécessaire.
Article élaboré à partir des communications de la Maison des adolescents de Loire‑Atlantique, de l’École des parents et des éducateurs, de Nantes Métropole et des données de Santé publique France (EnCLASS 2024).