La République démocratique du Congo (RDC) fait face à « la pire flambée » d’Ebola de son histoire, avec 6 041 cas confirmés et 2 911 décès recensés depuis le début de l’épidémie, a indiqué lundi le ministère congolais de la Santé. L’épidémie, déclarée à la mi‑mai, a provoqué 1 366 guérisons selon les données officielles.
Un virus différent, des outils limités
Cette flambée est attribuée au virus Bundibugyo, une souche pour laquelle il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique homologué. Contrairement aux épidémies passées dominées par la souche Zaïre, la méconnaissance relative de Bundibugyo complique la riposte. Plusieurs vaccins et traitements sont à l’essai, mais leurs performances face à cette souche restent incertaines.
En attendant un produit spécifiquement homologué, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé le lancement d’un essai clinique de phase 3 utilisant l’Ervebo — vaccin autorisé contre la souche Zaïre — afin d’évaluer une éventuelle protection croisée. Un lot de 16 250 doses d’Ervebo, prioritairement destiné au personnel de santé et aux travailleurs de première ligne, est arrivé en RDC le 22 août, et une campagne a été lancée à Kisangani.
Propagation rapide et difficultés logistiques
Partie de la province de l’Ituri, dans le nord‑est, la flambée s’est étendue rapidement à six provinces du nord et de l’est du pays. Ces régions sont marquées par une présence étatique faible et une insécurité entretenue par des groupes armés, ce qui entrave les opérations de santé publique, la surveillance et la vaccination.
Les autorités congolaises font état d’une riposte sous‑financée et débordée face à l’explosion des cas. La défiance d’une partie des communautés complique encore le travail des équipes sur le terrain, qui peinent à atteindre les malades, à effectuer des enquêtes de contacts et à mettre en place des mesures de prévention.
« Antonio Guterres a lancé jeudi un appel pour réunir 1,1 milliard de dollars afin de compléter un plan d’aide pour lutter contre l’épidémie en RDC. »
Un appel international pour combler le déficit
Face à l’ampleur de la crise, le secrétaire général des Nations unies a appelé à renforcer le financement de la riposte. L’ONU demande 1,1 milliard de dollars pour compléter un plan d’aide visant à soutenir la surveillance, les soins, la vaccination et les actions communautaires nécessaires pour enrayer l’épidémie.
Les experts de l’OMS estiment que le virus Bundibugyo peut présenter, dans sa phase initiale, des symptômes peu spécifiques, ce qui retarde souvent la détection et la prise en charge des malades. Cette particularité contribue à la propagation silencieuse du virus et rend la riposte d’autant plus urgente.
Chiffres clés
| Indicateur | Nombre |
|---|---|
| Cas confirmés | 6 041 |
| Décès | 2 911 |
| Guérisons | 1 366 |
| Doses d’Ervebo livrées | 16 250 |
Conséquences et enjeux
La flambée met en lumière plusieurs enjeux : le besoin urgent de financement pour soutenir la riposte, la nécessité d’accélérer les essais cliniques pour évaluer la protection des vaccins existants contre la souche Bundibugyo, et l’importance du travail de proximité avec les communautés pour lever la défiance. La conjonction d’une insécurité persistante et d’un sous‑financement augmente le risque d’une propagation durable et d’un surcroît de décès.
- Renforcement des capacités locales de surveillance et de prise en charge médicales;
- Accélération des essais pour déterminer l’efficacité de l’Ervebo contre Bundibugyo;
- Mobilisation de fonds internationaux pour soutenir le plan d’action proposé par l’ONU.
Les autorités sanitaires congolaises et les partenaires internationaux devront désormais coordonner davantage leurs efforts pour contenir l’épidémie, tout en travaillant à restaurer la confiance des populations affectées. L’évolution de la situation dépendra en grande partie de la capacité à financer et à déployer rapidement des mesures de riposte adaptées.