Le parquet de Bruxelles a requis, lundi 31 août, une peine de 18 ans de prison à l'encontre d'Antonio Ferrara, pour sa participation présumée à un projet d'attaque à main armée visant un centre-fort en Allemagne au début de 2025. Le dossier est jugé en Belgique après l'intervention des unités spéciales nationales à Eupen, près de la frontière allemande, où la tentative a été déjouée.
Une base en Belgique, une cible en Allemagne
Selon l'accusation, un groupe de malfaiteurs avait établi sa base dans un appartement loué via AirBnB à Eupen, en vue d'attaquer un centre-fort situé à Bochum (Allemagne), lieu d'entreposage de billets, bijoux et autres valeurs. Le 27 février 2025, une vaste opération policière a permis l'arrestation de dix hommes alors que l'attaque était imminente ; une partie de l'équipe s'était déjà rendue outre-Rhin pour reconnaître les lieux.
Le réquisitoire du parquet s'appuie sur plusieurs éléments matériels et techniques : des écoutes téléphoniques, des surveillances rapprochées et des traces ADN attribuées à Antonio Ferrara retrouvées sur des armes ou chargeurs découverts dans des véhicules liés au groupe. Les enquêteurs ont également saisi des explosifs et des gilets pare-balles.
« Il est bien impliqué dans cette tentative d'attaque, ce n'est pas un néophyte », a souligné la procureure lors du réquisitoire, en insistant sur « ses compétences en matière d'explosifs ».
Un profil connu des autorités françaises
Antonio Ferrara, qui aura 53 ans en octobre, est bien connu de la justice en France : il a été condamné pour des braquages, une tentative de meurtre et pour deux évasions de prison, motifs qui lui ont valu le surnom de « roi de la belle ». Il était sorti de détention en juillet 2022 après avoir purgé sa dernière peine.
Dans la procédure belge, Ferrara comparaît libre, après avoir été placé en détention provisoire en 2025. Il conteste sa participation aux faits reprochés.
« Aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara » lors de son arrestation, avait soutenu son avocat, Olivier Martins, auprès de l'AFP au début de la procédure.
Procédure et suite du procès
Le procès, ouvert devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, a déjà connu des retards : il était initialement prévu fin avril mais a été reporté en raison de multiples incidents de procédure. La tenue du débat public permet désormais d'examiner les éléments techniques présentés par l'accusation et les moyens de défense soulevés.
- Date de l'opération : 27 février 2025 (Eupen)
- Nombre d'interpellés : dix hommes
- Pénalité réclamée : 18 ans de prison par le parquet de Bruxelles
- Preuves avancées : écoutes, surveillances, traces ADN, explosifs, gilets pare-balles
| Événement | Date |
|---|---|
| Intervention policière à Eupen | 27 février 2025 |
| Sortie de prison de Ferrara (France) | juillet 2022 |
| Réquisition du parquet (Bruxelles) | 31 août 2026 |
La suite du procès déterminera si le tribunal retiendra l'ensemble des charges telles que présentées par le parquet. Au-delà de la responsabilité individuelle d'Antonio Ferrara, l'affaire met en lumière la cooperation judiciaire et policière transfrontalière face à des projets criminels visant des infrastructures financières en Europe.
Le jugement interviendra à l'issue des débats et des conclusions des parties.