Le parquet de Bruxelles a tiré la sonnette d'alarme vendredi en dressant un bilan préoccupant des fusillades qui secouent la capitale. Selon les autorités judiciaires et policières réunies, ces incidents s'inscrivent dans une « dynamique de représailles » entre deux structures criminelles impliquées dans le trafic de stupéfiants, et ont des conséquences dramatiques pour des citoyens pris au hasard.
Des victimes civiles et des scènes de violence répétées
Les magistrats et responsables de police ont rappelé plusieurs épisodes récents qui illustrent l'escalade. Le 11 avril 2026, rue de Linné à Saint-Josse, deux personnes ouvrent le feu : un père de famille est touché à la cage thoracique, il survit mais reste tétraplégique. Le 27 juillet, une nouvelle fusillade éclate dans un café bruxellois : une balle traverse l'épaule d'un jeune homme de vingt ans. Cette semaine encore, des tirs ont retenti à Saint-Gilles aux alentours de 21 h, forçant des clients d'une pizzeria à se coucher au sol par crainte.
Face à ces événements, Julien Moinil, procureur du Roi de Bruxelles, n'a pas caché son inquiétude :
« Je suis un procureur inquiet. N'importe quel citoyen peut se prendre une balle, c'est une réalité. »
Chiffres et tendance
Les autorités soulignent que la situation ne s'améliore pas. En 2025, les services ont enregistré 102 incidents de tirs à Bruxelles. L'année 2026 en compte déjà 69 à ce stade, une indication, selon le parquet, que « l'urgence ne se tarit pas ».
| Année | Incidents de tirs recensés |
|---|---|
| 2025 | 102 |
| 2026 (à ce jour) | 69 |
Des enquêtes menées par plusieurs services
À l'issue d'une conférence de presse, le parquet de Bruxelles s'est présenté aux côtés des responsables de la zone de police Bruxelles-Midi et de la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Bruxelles, représentés respectivement par Jurgen De Landsheer, chef de corps, et Eric Jacobs, directeur de la PJF. Les autorités ont expliqué que deux organisations déjà implantées dans le trafic de stupéfiants se livraient à des représailles, principalement dans les communes de Saint-Gilles et de Forest.
- Les groupes impliqués seraient implantés depuis quelque temps dans le trafic de drogues à Bruxelles.
- Les affrontements résultent d'un « différent » entre ces structures, entraînant une escalade par tirs à balle réelle.
- Parmi les personnes actives dans ces bandes figurent des citoyens belges, et certaines personnes disposent d'une double nationalité marocaine, a indiqué le parquet.
Conséquences et questions pour la sécurité
Le procureur et les chefs de police insistent sur la gravité de la menace : la probabilité qu'un passant ou un client de café se retrouve pris dans une fusillade est réelle, et les blessures graves, parfois irréversibles, en témoignent. La multiplication des incidents pose des défis opérationnels pour les enquêtes et pour la prévention : il s'agit d'identifier les auteurs, de démanteler les réseaux impliqués et de protéger la population dans des quartiers où la vie quotidienne est perturbée par la violence armée.
Les autorités n'ont pas annoncé de nouvelles mesures précises lors de la conférence, mais la tonalité alarmée du parquet et la mobilisation conjointe de la zone de police et de la PJF laissent entendre que les forces de l'ordre intensifieront leurs efforts pour endiguer cette "dynamique de représailles".
La situation restera à suivre de près : les prochains mois diront si l'augmentation des moyens d'enquête et d'intervention permettra de faire reculer le nombre d'incidents et d'éviter de nouvelles victimes civiles.