Un donneur de sperme néerlandais a reconnu, dans une lettre adressée aux parents et relayée par les médias, être le père biologique d'au moins 199 enfants, dont 11 seraient nés en Belgique. L'homme, âgé de 43 ans et originaire de Groningue, admet également ne pas avoir toujours été transparent avec les familles concernées, selon les informations diffusées par NOS et reprises par Belga.
Révélation et aveu
La révélation est intervenue après des enquêtes médiatiques aux Pays-Bas. Plus tôt, l'émission Nieuwsuur avait indiqué que le donneur — présenté sous le prénom de Simon — avait déjà été relié à au moins 121 enfants aux Pays-Bas, avant que l'intéressé ne fournisse un bilan plus large. Dans sa lettre, il affirme désormais un total minimal de 199 enfants : onze en Belgique, quinze en Allemagne, un dans un autre pays européen et le reste aux Pays-Bas.
« une image incomplète ou déformée »
Dans cette même lettre, le donneur reconnaît ne pas avoir systématiquement informé correctement les parents, ce qui, d'après ses mots cités par NOS, a pu donner aux familles « une image incomplète ou déformée » de la situation. Il affirme en outre avoir employé plusieurs pseudonymes au fil des années.
Mode opératoire et identités utilisées
Selon les éléments publiés, l'homme aurait usé de différents noms pour ses dons. Les pseudonymes cités comprennent :
- Jesse
- Johan
- Daan
- Sam
- Maarten
Il affirme avoir mis un terme à ses dons et entamé des démarches pour obtenir une aide professionnelle.
Réactions des autorités et contrôle en Belgique
En Belgique, l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (FAMHP) a indiqué qu'elle cherchait à déterminer si cet homme avait réalisé des dons directement dans des cliniques de fertilité belges ou s'il était passé par des circuits informels. Cette enquête vise à clarifier l'existence éventuelle de manquements à la réglementation relative aux dons et à la traçabilité des donneurs.
Aux Pays-Bas, l'affaire suscite aussi des interrogations sur le suivi exercé par les autorités. D'après NOS, le ministère néerlandais de la Santé aurait été informé des agissements de l'homme depuis plusieurs années sans qu'une mesure restrictive n'ait été prise à son encontre. En 2019, il aurait même été intégré à une commission chargée d'évaluer la législation relative au don de sperme, souligne le média public néerlandais.
| Pays | Nombre d'enfants (déclaré) |
|---|---|
| Pays-Bas | Majorité du total (au moins 121 identifiés précédemment) |
| Belgique | 11 |
| Allemagne | 15 |
| Autre pays européen | 1 |
Conséquences et questions juridiques
Le cas soulève plusieurs enjeux concrets pour les autorités belges et néerlandaises :
- vérifier si des cliniques belges ont été impliquées et, le cas échéant, établir la conformité des procédures de dépistage et d'identification des donneurs ;
- déterminer si des circuits informels, non soumis aux garanties réglementaires, ont été utilisés pour organiser des dons transfrontaliers ;
- évaluer les droits des enfants et des familles concernés, notamment en matière d'information sur l'identité biologique et de suivi médical.
Les autorités sanitaires ont désormais la tâche d'établir les faits et, si nécessaire, d'engager des procédures administratives ou judiciaires. Pour les familles, ces révélations posent des questions personnelles et pratiques — de la recherche de liens biologiques à l'accès à des informations médicales — pour lesquelles la réponse dépendra des enquêtes en cours.
Le dossier reste toutefois en évolution : les chiffres communiqués proviennent des déclarations de l'intéressé et des premiers recoupements médiatiques. Les vérifications menées par la FAMHP et les homologues néerlandais devraient permettre d'affiner le panorama et, le cas échéant, d'orienter des mesures de protection ou des pistes d'action réglementaire.