L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a lancé des vérifications après la révélation par la presse néerlandaise de l’existence d’un donneur de sperme présumé ayant contribué à la naissance de 121 enfants. Les autorités belges cherchent à déterminer si cet homme, originaire de la région de Groningue, a également effectué des dons qui ont abouti à des naissances en Belgique — les médias évoquent jusqu’à six cas.
Une affaire révélée aux Pays-Bas, retentissement en Belgique
Le cas a émergé après une enquête du média public néerlandais NOS, diffusée dans son émission Nieuwsuur, et la Fondation néerlandaise pour les enfants issus de dons de sperme (Stichting Donorkind) a signalé être en contact avec un groupe de mères concernées. Selon la fondation, deux mères ont pris contact en mars, ce qui a déclenché la remontée d’un nombre important de familles identifiant le même donneur.
Les quotidiens du groupe Mediahuis rapportent qu’une mère a affirmé que l’homme aurait aussi « aidé » six familles en Belgique. Face à ces informations, des ONG belges et les autorités sanitaires se mobilisent pour vérifier l’ampleur du phénomène sur le territoire national.
La réaction des autorités belges
L’AFMPS indique avoir été saisie par des articles de presse et avoir demandé « toutes les informations officielles » aux autorités néerlandaises afin de vérifier si des dons ont été effectués dans des cliniques belges ou via des circuits informels. La porte-parole de l’agence, Ann Eeckhout, a souligné que, sur base des éléments disponibles dans la presse, il pourrait s’agir de cas de fraude.
« Nous avons été informés par les médias. Nous demandons désormais toutes les informations officielles aux autorités néerlandaises »
Parallèlement, Donorkinderen, l’ASBL belge qui soutient les personnes nées d’un don, a officiellement demandé à l’AFMPS et au ministère de la Santé d’ouvrir une enquête. L’association belge signale que l’homme aurait réalisé des dons à des établissements hospitaliers en Belgique, ainsi qu’à des banques internationales approvisionnant le pays, mais précise qu’à ce stade aucune famille belge n’a encore contacté l’organisation pour se déclarer formellement concernée.
Conséquences et enjeux
Cette affaire pose plusieurs questions réglementaires et éthiques pour la Belgique :
- la traçabilité des dons et la vérification des donneurs au sein des cliniques et des banques de sperme ;
- le contrôle des circuits informels de don, potentiellement transfrontaliers ;
- les droits des enfants nés de dons et le soutien aux familles concernées.
La possibilité d’une « fraude » évoquée par l’AFMPS renvoie à des pratiques susceptibles de contourner les mécanismes de sécurité et de contrôle mis en place pour limiter le nombre de naissances liées à un même donneur et pour assurer des garanties médicales et généalogiques.
| Élément | Chiffre / statut |
|---|---|
| Nombre d’enfants attribués au donneur | 121 |
| Cas potentiels en Belgique | Jusqu’à 6 (rapportés par la presse) |
| Initiative d’enquête | AFMPS — demandes d’informations aux autorités néerlandaises |
Les autorités belges attendent désormais des informations officielles des Pays-Bas pour confirmer ou infirmer la présence de dons effectués en Belgique. Selon les procédures habituelles, l’AFMPS devra établir si des établissements belges sont impliqués, si des manquements aux règles ont eu lieu et, le cas échéant, quelles suites administratives ou pénales s’imposent.
Entre-temps, les associations de soutien aux personnes issues de dons restent mobilisées. Elles appellent les familles concernées à se manifester afin de permettre une évaluation précise de la situation et d’organiser l’accompagnement médical et psychosocial nécessaire pour les enfants et leurs parents.
La suite dépendra des éléments fournis par les autorités néerlandaises et des vérifications sur le terrain menées par l’AFMPS en Belgique.