Le nombre de « no-shows » — clients qui réservent puis ne se présentent pas sans prévenir — augmente rapidement en Belgique, et pèse particulièrement sur les restaurants gastronomiques. Entre 2022 et 2025, la plateforme de réservation Zenchef a enregistré une hausse de 40 % des désistements, une progression qui se confirme selon les premiers retours pour 2026.
Une hausse marquée, surtout dans les grandes villes
Les données transmises par Zenchef et les témoignages recueillis indiquent que la hausse est surtout observable dans les grandes agglomérations comme Anvers, Bruges et Bruxelles. La plateforme relève que les établissements gastronomiques subissent un impact supérieur à celui des restaurants décontractés : leur taux de no-shows est environ 1,7 fois plus élevé.
« On essaye d'appeler ces clients. Parfois ils décrochent, mais dès que l'on commence à parler, ils nous raccrochent au nez. Après, ils bloquent notre numéro », témoigne Benoit Bodivit, chef du restaurant Nocturlabe.
Pour certains chefs, le phénomène devient une réalité quasi quotidienne. Au restaurant schaerbeekois Nocturlabe, Benoit Bodivit évoque des désistements « presque deux à trois fois par semaine » ces derniers mois. Ce rythme pèse sur l'organisation du service, le calcul des approvisionnements et la planification du personnel.
Conséquences économiques et pratiques
Les no-shows créent une double difficulté pour les établissements : perte de chiffre d'affaires directe liée aux couverts vacants et coûts fixes de fonctionnement toujours engagés (achats, personnel, énergie). Les gastronomes, qui pratiquent des menus souvent coûteux et des approvisionnements précis, sont particulièrement vulnérables.
Plusieurs pratiques émergent chez les restaurateurs pour tenter de limiter le phénomène :
- appels de confirmation avant la réservation ;
- demande d'une carte bancaire pour garantir la réservation ou d'un acompte ;
- surbooking contrôlé ou gestion plus stricte des listes d'attente ;
- utilisation d'outils numériques pour détecter les réservations simultanées sur plusieurs établissements.
Certains restaurateurs utilisent justement les fonctionnalités des plateformes pour repérer des doubles réservations : le restaurant Max & Moi, à Braine-l'Alleud, signale que l'application Zenchef permet de voir si un client a réservé au même créneau dans un autre établissement qui utilise la même solution.
Chiffres et tendances
| Période | Évolution constatée |
|---|---|
| 2022–2025 | +40 % de no-shows (selon Zenchef) |
| 2025–2026 (premiers retours) | Tendance à la confirmation de la hausse (Zenchef) |
Ces chiffres, fournis par la plateforme de réservation, ne couvrent pas nécessairement l'intégralité du secteur horeca — certains établissements n'utilisent pas ces outils — mais ils reflètent une tendance observée par des professionnels sur le terrain.
Vers davantage de garanties contractuelles ?
Face à la persistance du phénomène, la question se pose d'éventuelles réponses plus contraignantes : généralisation des acomptes, politiques de pénalités, ou encore meilleures pratiques de communication entre clients et restaurants. Les solutions techniques existent, mais leur adoption soulève des débats sur l'équilibre entre protection des établissements et fluidité d'accès au service pour la clientèle.
En attendant, les restaurateurs doivent composer avec une incertitude supplémentaire pendant le service, qui alourdit la charge de travail et fragilise des petites structures déjà sensibles aux variations de fréquentation. Les études et relevés d'organismes sectoriels et de plateformes comme Zenchef restent attendus pour préciser l'ampleur réelle du phénomène à l'échelle nationale et orienter les réponses pragmatiques du secteur.