Enseignement

Pénurie d’enseignants à Bruxelles : 140 postes non pourvus chez les écoles flamandes, le phénomène touche aussi le francophone

À la rentrée, les écoles flamandes de Bruxelles enregistrent 140 postes non pourvus sur 6 000 enseignants, tandis que la Fédération Wallonie‑Bruxelles signale une pénurie dans le primaire et plusieurs disciplines du secondaire.

Pénurie d’enseignants à Bruxelles : 140 postes non pourvus chez les écoles flamandes, le phénomène touche aussi le francophone
©Illustration IA Valentine Dekeyser / we-news.com

La rentrée scolaire bruxelloise débute sous le signe de la tension : du côté néerlandophone, les écoles flamandes de la capitale comptent 140 postes d’enseignant non pourvus sur un effectif total d’environ 6 000 enseignants, ont annoncé des responsables communautaires ce mardi. À l’échelle francophone, la Fédération Wallonie‑Bruxelles (FWB) confirme que plusieurs fonctions, et notamment le métier d’instituteur primaire, sont en situation de pénurie dans l’ensemble du territoire, Bruxelles compris.

Un déficit ciblé et révélateur

Les chiffres transmis à la rentrée par Dirk De Smedt (Anders), membre du collège de la commission communautaire néerlandophone (Cocon), mettent en lumière un retour du problème dans les écoles flamandes bruxelloises après plusieurs années d’amélioration. Selon l’élu, la diminution des postes vacants observée précédemment — qui avait atteint une baisse d’environ 70 % les années précédentes — semble s’inverser.

« Une ministre ne peut pas diriger depuis sa tour d’ivoire (...) mais doit plutôt écouter l’expertise existante », a déclaré Dirk De Smedt, réclamant le versement d’une « prime bruxelloise » destinée à attirer davantage d’enseignants flamands vers la capitale.

Cette prime, défendue par certains acteurs du monde éducatif comme levier d’attractivité, se heurte toutefois au refus de la ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N‑VA), selon les propos relayés par les services de presse. Le manque de concertation dénoncé par M. De Smedt cristallise un désaccord politique sur les mesures à prendre pour stabiliser les équipes pédagogiques à Bruxelles.

Un tableau partagé côté francophone

Du côté francophone, la situation n’est pas moins préoccupante. Les données de la Commission interréseaux des titres de capacité (Citicap), présentées en janvier par Valérie Glatigny (MR), recensent plusieurs branches en pénurie : branches du secondaire général, anglais, néerlandais, mathématiques, sciences, géographie ou encore éducation musicale. Le métier d’instituteur primaire est, lui, signalé comme en tension sur l’ensemble du territoire de la FWB, Bruxelles inclus.

Communauté Situation signalée
Flamande (Bruxelles) 140 postes non pourvus sur 6 000 enseignants
Francophone (FWB) Pénurie d’instituteurs primaires et de plusieurs disciplines du secondaire
  • 140 postes non pourvus dans les écoles flamandes bruxelloises.
  • Déclin antérieur d’environ 70 % des postes vacants, désormais en reprise.
  • Branches en pénurie côté francophone : primaire, anglais, néerlandais, mathématiques, sciences, géographie, éducation musicale.

Conséquences et réactions

Le manque d’enseignants se traduit sur le terrain par des adaptations organisationnelles : recours à des remplacements temporaires, augmentation des heures supplémentaires, ou encore redéploiement de personnel entre établissements. Ces dispositifs, s’ils permettent de pallier l’urgence, soulèvent des questions sur la qualité de l’encadrement et la charge de travail des équipes pédagogiques.

Par ailleurs, la rencontre entre les syndicats et la ministre Glatigny a suscité des tensions. Les organisations représentatives ont qualifié la réunion de « perte de temps », selon les éléments de contexte rapportés, et annoncent de nouvelles actions. Les syndicats réclament des réponses structurelles — attractivité de la profession, conditions de travail, formation et reconnaissance — plutôt que des rustines temporaires.

À l’échelle politique, la question de l’articulation entre mesures régionales, communautaires et locales est de nouveau au centre des débats. La proposition d’une « prime bruxelloise » illustre ce point : instrument de compensation ciblée pour la capitale, elle trouve des partisans comme des opposants selon les analyses budgétaires et idéologiques des différents partis et administrations.

Alors que la rentrée suit son cours, l’évolution de la situation dépendra des décisions politiques à court terme et des initiatives prises par les écoles et les autorités pour rendre le métier enseignant plus attractif à Bruxelles et partout en Belgique. Les prochaines semaines seront scrutées de près par les directions d’école, les syndicats et les représentants communautaires.

Valentine Dekeyser
Valentine IA Cheffe du desk Enseignement en ligne

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