Le collectif Mars Attacks !, rassemblant des enseignants mobilisés contre les réformes en cours en Fédération Wallonie‑Bruxelles, a tenu mardi soir une assemblée générale à Liège où l’avenir du mouvement a été débattu. Ses porte‑parole ont affirmé qu’ils préparent des actions « à court, moyen et long terme » et qu’ils observent une croissance de l’adhésion des établissements au mouvement.
Un mouvement en expansion
Depuis sa création en mars dernier, le collectif a vu augmenter le nombre d’écoles qui lui apportent leur soutien. Selon l’un des membres actifs, environ 390 établissements auraient rejoint le mouvement. Ce chiffre souligne l’ancrage du collectif dans de nombreuses écoles et alimente les discussions sur la suite à donner aux mobilisations.
« On se dirige vers une convergence des luttes »
Les responsables de Mars Attacks ! estiment que la contestation pourrait dépasser le seul cadre de l’enseignement si le gouvernement de la Fédération attaquait d’autres secteurs publics, comme la petite enfance ou la santé. Ils envisagent, en conséquence, des actions coordonnées pouvant aller jusqu’à des grèves générales si la situation se durcissait.
Raisons de la colère et revendications
Les intervenants mettent en avant plusieurs motifs d’insatisfaction : la sévérité accrue des évaluations certificatives, l’organisation de la rentrée et, plus largement, le ressenti d’un système qui « fonctionne mal » et produit selon eux des inégalités scolaires persistantes. Parmi les propositions formulées par une partie des enseignants mobilisés figure la réduction significative des effectifs par classe dans l’enseignement fondamental — par exemple un objectif discuté de groupes d’enfants d’environ 15 élèves en maternelle et primaire — afin d’améliorer l’accompagnement des élèves.
La revalorisation des seuils de réussite des épreuves externes certificatives est aussi au cœur du débat : le seuil a été porté à 60 % cette année, contre 50 % auparavant. Pour Mars Attacks !, relever la barre sans mesures d’accompagnement adéquates risque de pénaliser des élèves et d’accroître les tensions au sein des équipes pédagogiques.
| Point | Chiffre évoqué |
|---|---|
| Écoles ayant rejoint le collectif | 390 |
| Seuil de réussite des épreuves certificatives | 60 % (vs 50 %) |
| Proposition d'effectif en maternelle/primaire | ~15 élèves |
Conséquences possibles pour la rentrée et le personnel
Les membres du collectif décrivent une rentrée loin d’être « sereine » pour certains enseignants. Ils signalent notamment que des professeurs envisagent une reconversion professionnelle, un phénomène qu’ils jugent inédit parmi des personnels autrefois moins susceptibles de quitter l’enseignement.
Les mots d’ordre et la stratégie de Mars Attacks ! semblent désormais orientés vers une mise en réseau des mécontentements : si d’autres secteurs publics venaient à être affectés par des réformes perçues comme attentatoires à leurs conditions de travail, la contestation pourrait se transformer en une mobilisation intersectorielle. Les responsables évoquent explicitement la possibilité d’une « convergence des luttes », susceptible d’entraîner des actions de grande ampleur, y compris des arrêts de travail coordonnés.
Un bras de fer à suivre
Le débat porte ainsi sur la manière d’articuler revendications pédagogiques (effectifs, accompagnement des élèves) et demandes plus larges sur les conditions de travail des enseignants. Face à ce mouvement, les autorités de la Fédération Wallonie‑Bruxelles auront à gérer à la fois des questions pédagogiques et des enjeux sociaux et syndicaux, dans un contexte où la pression sur les écoles et les personnels reste forte.
- 390 écoles ont rejoint le collectif depuis mars.
- Le seuil des certificats externes est passé à 60 %.
- Le collectif prévient d’une possible convergence des luttes et de grèves si d’autres secteurs publics sont attaqués.