La croissance économique de la Belgique s’est arrêtée au deuxième trimestre 2026, indique la Banque nationale de Belgique. Corrigé des variations saisonnières et calendaires, le produit intérieur brut en volume est resté inchangé par rapport au trimestre précédent, même s’il affiche une progression de 0,5 % sur un an.
Des secteurs en ordre dispersé
Le tableau sectoriel est contrasté. Le secteur des services enregistre une faible expansion de 0,3 %, tandis que l’industrie et la construction reculent respectivement de 0,6 % et de 0,2 %. Ces mouvements expliquent en grande partie l’absence de croissance globale d’une période sur l’autre.
| Rubrique | Variation T2 2026 vs T1 2026 |
|---|---|
| PIB (volume) | 0,0 % |
| Services | +0,3 % |
| Industrie | -0,6 % |
| Construction | -0,2 % |
Dépenses, investissements et commerce extérieur
Du côté de la demande, la consommation des ménages progresse légèrement de 0,4 % et l’investissement résidentiel augmente de 0,2 %. La consommation publique connaît une hausse modeste de 0,1 %.
En contrepoint, les investissements publics plongent de manière significative, avec une baisse de 8 %. Les investissements des entreprises diminuent aussi, de 0,7 %. Ces retraits d’investissement pèsent sur la capacité de relance et la formation de capital à moyen terme.
Le commerce extérieur constitue la principale source de dynamisme: les exportations bondissent de 2,9 % tandis que les importations augmentent de 1,9 %. Ensemble, ces évolutions ont contribué pour 0,8 point de pourcentage à la croissance du PIB.
- Consommation des ménages : +0,4 %
- Investissement public : -8,0 %
- Exportations : +2,9 %
- Contribution nette du commerce extérieur : +0,8 pt au PIB
Marché du travail : légère progression de l’emploi
Le marché du travail reste relativement stable. L’emploi a crû de 0,1 % par rapport au trimestre précédent, ce qui correspond à la création de 6 490 emplois. Sur un an, l’effectif total augmente de 0,2 %, soit 12 810 salariés supplémentaires.
Ces chiffres montrent que, malgré l’absence de croissance du PIB au trimestre, le tissu de l’emploi continue d’absorber une partie de la demande interne. Reste à observer si la faiblesse des investissements, en particulier publics, limitera la productivité et les perspectives d’activité à moyen terme.
Quelles conséquences pour les ménages et les entreprises ?
Pour les ménages, la progression de la consommation et la création nette d’emplois atténuent l’impact d’une croissance nulle à court terme. Mais la baisse marquée des investissements publics peut ralentir les projets d’infrastructure et freiner des secteurs dépendants des commandes publiques, comme la construction, déjà en recul.
Pour les entreprises, la hausse des exportations est une bonne nouvelle : elle soutient l’activité dans un contexte domestique tiède. En revanche, le recul des investissements des sociétés (-0,7 %) peut traduire un certain attentisme face aux perspectives de demande ou aux conditions de financement.
Au final, le diagnostic de la Banque nationale met en lumière un équilibre fragile : des échanges extérieurs porteurs, un marché du travail qui tient, mais des investissements en retrait. La trajectoire de la croissance pour le reste de l’année dépendra de la capacité à relancer l’investissement public et privé et à soutenir les secteurs industriels et de la construction.
Source : Banque nationale de Belgique (données corrigées des variations saisonnières et calendaires).