Le président iranien Massoud Pezeshkian a demandé à ses compatriotes d'« accepter » l'impact des sanctions internationales, après l'annonce par Washington d'un nouveau train de mesures destinées à presser économiquement Téhéran. Intervenant à la télévision d'État, il a estimé que le pays était « en situation de guerre » et devait composer avec des conditions propres aux temps de conflit.
Un durcissement ciblé par Washington
Lundi, le ministère des Finances américain, représenté par Scott Bessent, a présenté des sanctions dites « secondaires » visant non seulement l'Iran — déjà l'objet de multiples sanctions — mais surtout ses partenaires commerciaux. Ces mesures portent sur plusieurs secteurs clés :
- l'or,
- la technologie,
- les actifs numériques,
- l'aviation,
- le transport maritime.
Selon Washington, l'objectif est d'« asphyxier économiquement » l'Iran alors que le conflit au Moyen-Orient initié par des frappes israélo-américaines le 28 février contre des cibles à Téhéran reste enlisé.
Effets déjà mesurables sur le commerce iranien
Le président Pezeshkian a livré des chiffres qui rendent compte de l'ampleur du choc : les exportations et importations ont « chuté de 25 à 35 % ». Il a aussi jugé probable que le prix de l'essence augmente à terme.
| Élément | Données / cibles |
|---|---|
| Chute du commerce extérieur | 25–35 % |
| Secteurs visés par les sanctions | Or, technologie, actifs numériques, aviation, transport maritime |
| Date de frappes citées | 28 février |
« Nous sommes en situation de guerre, et nous devons accepter ces conditions de temps de guerre », a déclaré M. Pezeshkian.
Pourquoi cela importe pour l'Europe et les consommateurs
L'Iran est un grand producteur de pétrole : il subventionne fortement l'essence au niveau intérieur et applique des quotas selon la consommation, ce qui rend toute modification du prix domestique politiquement sensible. La combinaison d'une baisse nette des exportations et d'une pression accrue sur les canaux de commerce (aviation, transport maritime) risque de perturber les flux énergétiques et marchands à l'échelle régionale et mondiale.
Pour les ménages et les entreprises européennes, y compris en Belgique, cette situation peut se traduire par plusieurs conséquences concrètes :
- une volatilité accrue des cours pétroliers, susceptible de peser sur les prix à la pompe et sur les coûts du chauffage ;
- un renchérissement des importations de biens dont la chaîne logistique dépend de routes ou d'acteurs touchés par les sanctions ;
- des incertitudes pour les secteurs aérien et maritime, avec des risques de hausse des coûts de transport.
Si l'effet exact sur les prix dépendra de la réaction des marchés, des décisions des compagnies et des éventuelles mesures de contournement par des partenaires commerciaux de l'Iran, la reconnaissance publique d'un recul de 25 à 35 % du commerce extérieur iranien illustre la dimension économique immédiate de la crise.
Un positionnement politique et économique délicat
Considéré comme un modéré au sein des instances dirigeantes iraniennes, M. Pezeshkian avait déjà admis la semaine précédente que l'Iran faisait face à « de nombreuses difficultés économiques », tout en assurant que Washington n'obtiendrait « rien » par ces pressions. La communication officielle cherche à préparer l'opinion intérieure à des sacrifices économiques éventuels, notamment des ajustements sur les carburants, tout en rejetant l'idée d'une reddition face aux sanctions.
Au-delà de la rhétorique, les nouvelles mesures américaines montrent une volonté de s'attaquer aux relais économiques de Téhéran. Le suivi de l'évolution des prix de l'énergie et des chaînes d'approvisionnement reste essentiel pour évaluer l'impact concret sur les budgets des ménages et la trésorerie des indépendants et entreprises.
En l'état, les chiffres communiqués par l'exécutif iranien et la nature des sanctions annoncées par Washington constituent un signal fort : la dimension économique du conflit est désormais au cœur des calculs diplomatiques et commerciaux internationaux.