Le gouvernement américain a annoncé lundi un nouveau dispositif de sanctions visant à « couper toutes les ressources économiques » de l’Iran en frappant non seulement Téhéran, mais ses partenaires commerciaux. Présentées par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ces mesures dites « secondaires » ciblent plusieurs secteurs clefs : or, technologie, actifs numériques, aviation et transport maritime.
Des sanctions contre les partenaires, pas seulement contre l’Iran
Lors d’une conférence de presse à Washington, M. Bessent a détaillé l’approche américaine : il ne s’agit pas d’un nouvel embargo direct sur l’Iran, mais d’un mécanisme visant à dissuader les pays et entreprises qui continueraient d’entretenir des relations économiques avec Téhéran. Le secrétaire au Trésor n’a cependant pas précisé la date d’entrée en vigueur de ces mesures ni la liste des États ou entités qui pourraient être visés.
Le message vise explicitement les pays qui persistent à commercer avec l’Iran : la Maison Blanche avertit que les États refusant d’adhérer aux sanctions « partageront l’isolement de l’Iran », et a évoqué la possibilité d’expulser du système dollar les récalcitrants.
« L'Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles: un isolement total et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec la possibilité de rejoindre l'économie mondiale. »
Le gouvernement américain a par ailleurs affirmé qu’il tiendrait chacun pour responsable, qualifiant l’ensemble comme visant l’« asphyxie économique » du régime iranien.
Contexte : guerre, dépendances et inflation
Les annonces interviennent alors que les efforts diplomatiques pour désamorcer le conflit, déclenché le 28 février par une offensive considérée dans le récit américain comme menée contre Téhéran, sont au point mort. Plusieurs grandes économies, dont la Chine, figurent parmi les importants importateurs de pétrole iranien, ce qui complexifie l’application pratique et les conséquences globales de mesures ciblant les flux commerciaux et financiers.
Le contexte économique en Iran est marqué par une forte détérioration des prix : l’inflation annuelle s’élevait à 66 % en juillet, contre 46 % en février, signe d’une pression déjà lourde sur le pouvoir d’achat et les marges des entreprises iraniennes.
| Période | Inflation (sur 12 mois) |
|---|---|
| Février | 46 % |
| Juillet | 66 % |
La riposte iranienne
À Téhéran, les autorités ont rejeté les menaces américaines. Le ministre de l’Économie, Ali Madanizadeh, a estimé que ces pressions aboutiraient à « une nouvelle défaite » pour Washington et assuré que l’Iran disposait d’un plan sur deux ans pour faire face à de telles sanctions.
Le contraste des postures — menace d’asphyxie économique côté américain, plan de résistance côté iranien — laisse présager une période d’incertitude prolongée pour les acteurs économiques internationaux exposés aux échanges avec l’Iran. Pour les entreprises européennes et belges actives dans les secteurs concernés (transport maritime, aviation, technologies, transferts d’actifs numériques), l’annonce pose la question d’un arbitrage entre risques commerciaux et conformité aux potentielles mesures extra-territoriales américaines.
- Secteurs visés : or, technologie, actifs numériques, aviation, transport maritime.
- Conséquences probables : pression accrue sur les routes commerciales et sur les paiements internationaux, risque d’éviction du système dollar pour les entités jugées non coopératives.
- Incidence en Iran : aggravation d’une inflation déjà élevée et renforcement de l’économie de subsistance selon Washington.
Dans les prochaines semaines, l’attention se portera sur la publication des textes réglementaires précisant la portée des sanctions secondaires, sur la réaction des partenaires commerciaux de l’Iran — notamment la Chine — et sur l’évaluation des risques par les entreprises européennes exposées. À défaut de précisions sur le calendrier et les cibles, le climat de tension devrait peser sur la planification des importations d’énergie et sur les marchés liés aux secteurs énumérés par le Trésor américain.