La France a consacré en 2024 8,9 % des dépenses de l’administration publique à l’éducation, un niveau inférieur à la moyenne de l’Union européenne à 27, qui s’établit à 9,7 %. C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel Investir dans l’éducation publié par la Commission européenne le 1er septembre.
Un poids budgétaire en recul
La part du budget public française dédiée à l’éducation s’inscrit dans une trajectoire de baisse quasi-constante depuis le début des années 2000, note la Commission. Parallèlement, la rémunération des enseignants en France apparaît relativement faible quand on la compare aux revenus de travailleurs possédant un niveau de formation comparable. La Commission classe la France dans le groupe de pays où la progression salariale des personnels enseignants est « limitée et lente », aux côtés de la Tchéquie, de la Slovaquie, mais aussi de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne.
Les dépenses se concentrent sur les salaires
Au niveau de l’Union, près des deux tiers des dépenses liées à l’éducation sont affectés aux rémunérations : 63 % en moyenne sont consacrés aux salaires des enseignants et du personnel administratif. Cette structure budgétaire signifie que les choix de politique salariale pèsent lourd sur la capacité des États à investir dans les autres volets de l’éducation (infrastructures, matériel, formation continue).
- France : 8,9 % des dépenses publiques en 2024.
- Moyenne UE‑27 : 9,7 %.
- Italie : 7,3 % en 2022, avec des résultats PISA proches de l’Espagne.
- Pologne : 10,5 % en 2022, performance en mathématiques comparable au Danemark.
Dépenses et résultats scolaires : pas de relation mécanique
Le rapport rappelle qu’une part plus élevée du budget public consacrée à l’éducation ne garantit pas automatiquement de meilleurs résultats scolaires. Plusieurs exemples européens l’illustrent :
| Pays | Part du budget public consacrée à l’éducation | Résultat PISA (maths ou lecture cité) |
|---|---|---|
| Italie (2022) | 7,3 % | Maths : 471 ; Lecture : 482 |
| Espagne (2022) | 9,2 % | Maths : 473 ; Lecture : 474 |
| Pologne (2022) | 10,5 % | Maths : 489 (à égalité avec le Danemark) |
| Chypre | ~12,7 % (similaire à l’Irlande) | Maths : 418 ; Lecture : 381 (parmi les plus faibles) |
Ces écarts suggèrent que l’efficacité des dépenses, la distribution des ressources et les priorités politiques jouent un rôle majeur. Le rapport met en lumière des configurations variées : certains pays obtiennent de bons résultats malgré une part réduite du budget ; d’autres dépensent davantage sans pour autant atteindre des scores élevés au test PISA.
Conséquences pour les ménages et le marché du travail
Pour les ménages et les indépendants, plusieurs implications découlent de ces constats : un niveau de dépense public limité peut peser sur la qualité des services éducatifs, la charge des familles (soutien scolaire, activités extrascolaires) ou encore la disponibilité des dispositifs d’accompagnement scolaire. Sur le marché du travail, des rémunérations enseignantes jugées faibles et des progressions salariales lentes compliquent le recrutement et la fidélisation du personnel éducatif, ce qui peut à terme affecter la continuité et la qualité de l’enseignement.
Si la comparaison entre dépenses et résultats reste complexe, le rapport de la Commission européenne fournit un cadre utile pour les décideurs publics qui souhaitent arbitrer entre augmentation des moyens, redéploiement des ressources ou réforme des politiques salariales dans le secteur éducatif.
Pour la France comme pour ses voisins, la question reste politique : augmenter la part du budget consacrée à l’éducation, revoir la structure des dépenses, ou améliorer l’efficacité des investissements existants ? Les réponses prises auront des répercussions sur les finances publiques, sur les salaires du secteur et, au bout du compte, sur la trajectoire des compétences des prochaines générations.