Wallonie‑Bruxelles Enseignement (WBE) assure qu’il n’y aura « pas de perte d’emploi » chez les enseignants à la prochaine rentrée et réclame un statut unique pour l’enseignement officiel. Dans un entretien publié à la veille du lancement de l’année scolaire, l’administrateur général André Grenier défend également des choix budgétaires alternatifs au passage généralisé à 22 périodes.
Pas de licenciements, mais « un petit déracinement »
Interrogé sur la capacité de son pouvoir organisateur à absorber les réformes votées tardivement, André Grenier affirme que, grâce à la taille de WBE, il sera possible de redistribuer des heures de cours sans supprimer de postes. Il évoque toutefois la nécessité d’un « petit déracinement » pour certains enseignants afin de remettre à disposition les heures nécessaires.
« Grâce à la taille de son PO, l’administrateur général affirme que tous les enseignants pourront retrouver des heures, moyennant « un petit déracinement ». »
La formule laisse entrevoir des réaffectations d’enseignants entre écoles ou implantations : une solution organisationnelle qui évite les licenciements mais implique des mouvements de personnels et une coordination logistique accrue à la rentrée.
Un statut unique pour l’enseignement officiel
Sur le plan structurel, l’administrateur général plaide pour l’instauration d’un statut unique au sein de l’enseignement officiel. Le propos renvoie aux différences actuelles de statuts et conditions d’engagement au sein des pouvoirs organisateurs, et vise à harmoniser le cadre d’emploi des enseignants pour améliorer la mobilité interne et la gestion des ressources humaines.
Un statut unifié pourrait, selon l’argument avancé, faciliter les redistributions d’heures évoquées et limiter l’insécurité professionnelle liée à des postes précaires. Le dossier est toutefois délicat politiquement et implique des arbitrages budgétaires et législatifs au niveau régional et communautaire.
Des alternatives au passage à 22 périodes
Plutôt que de soutenir le passage généralisé à 22 périodes comme levier d’économies ou d’ajustement, WBE propose d’autres choix budgétaires. Parmi les pistes défendues : l’introduction de deux périodes de cours de philosophie et citoyenneté (CPC) plutôt que d’imposer une diminution uniforme du nombre d’heures.
Le message est politique et technique à la fois : des ajustements ciblés de l’offre éducative et des choix de priorisation disciplinaire pourraient permettre de préserver l’emploi et la qualité pédagogique sans recourir à une réduction mécanique des périodes.
Contexte financier et gestion du CDI
André Grenier revient également sur les difficultés financières de WBE et sur la question du Contrat à Durée Indéterminée (CDI) des enseignants, un dossier sensible touchant à la stabilité de l’emploi et aux charges budgétaires du pouvoir organisateur. Il reconnaît implicitement que la conjoncture rend la rentrée plus complexe que d’ordinaire :
« Aujourd’hui, avant de parler d’une rentrée apaisée, nous avons surtout besoin de stabilité »
Cette recherche de stabilité se traduira, selon WBE, par des mesures internes de redistribution et par des demandes politiques visant à adapter le cadre réglementaire et financier. À court terme, la priorité affichée est d’éviter les pertes d’emploi et d’assurer une rentrée organisée malgré des décisions votées tardivement.
- Impact sur les enseignants : mobilité accrue possible pour récupérer des heures sans pertes d’emploi.
- Impact budgétaire : WBE préfère des réallocations et des choix pédagogiques ciblés plutôt qu’une réduction généralisée du temps d’enseignement.
- Enjeux politiques : la proposition d’un statut unique ouvre un débat sur l’organisation et le financement de l’enseignement officiel.
| Thème | Position de WBE |
|---|---|
| Emploi | Pas de perte d’emploi garantie |
| Gestion des heures | Redistribution via mobilité interne (« petit déracinement ») |
| Statut | Plaidoyer pour un statut unique de l’enseignement officiel |
| Organisation pédagogique | Deux périodes de CPC proposées comme alternative au passage à 22 périodes |
Les propositions de WBE devraient nourrir les discussions entre autorités politiques, syndicats et pouvoirs organisateurs à l’approche de la rentrée. L’enjeu est double : préserver l’emploi et assurer la continuité pédagogique sans compromettre l’équilibre financier des pouvoirs organisateurs.