Les faîtières économiques suisses ont lancé, mardi, un avertissement clair : l’école doit renforcer l’enseignement des compétences fondamentales. Selon economiesuisse, l’Union suisse des arts et métiers (usam) et l’Union patronale suisse (USP), de nombreuses entreprises formatrices constatent des déficits croissants chez leurs apprentis, principalement en écriture et en mathématiques.
Des conséquences immédiates pour les entreprises
Les organisations patronales pointent des «conséquences concrètes» : les lacunes scolaires compliquent le recrutement d’apprentis adaptés aux besoins des entreprises et alourdissent le travail d’encadrement déjà assuré par les formateurs en entreprise. Face à ces difficultés, plusieurs employeurs ont durci leurs critères de sélection ou ont laissé des places d’apprentissage vacantes faute de candidatures adéquates.
- Recrutement : difficulté à trouver des apprentis avec le niveau attendu.
- Encadrement : charge de travail et coûts supplémentaires pour former les jeunes.
- Offres : augmentation du nombre de places d’apprentissage non pourvues.
Les faîtières estiment que ces facteurs pèsent sur la viabilité du système. Elles alertent qu’«à moins d’inverser cette tendance, le nombre de places d’apprentissage risque de diminuer et le système de formation professionnelle duale de s’affaiblir».
«A moins d’inverser cette tendance, le nombre de places d’apprentissage risque de diminuer et le système de formation professionnelle duale de s’affaiblir»
Une entreprise sur cinq pourrait renoncer
Le constat dressé par economiesuisse, usam et l’USP met en lumière un chiffre marquant : une entreprise sur cinq pourrait à l’avenir ne plus engager d’apprentis si la situation perdure. Ce signal est important : la formation duale – combinant apprentissage en entreprise et enseignement scolaire – constitue une colonne vertébrale du marché du travail, en particulier pour les métiers techniques et artisanaux.
| Observation | Conséquence |
|---|---|
| Lacunes en écriture et mathématiques chez les apprentis | Augmentation des coûts et du temps d'encadrement pour les entreprises formatrices |
| Critères de sélection renforcés / places non pourvues | Risque de diminution du nombre de places d’apprentissage |
Les organisations rappellent que les mesures d’accompagnement et d’encadrement supplémentaires ont un coût. Pour de petites et moyennes entreprises formatrices, ces surcoûts peuvent rendre l’accueil d’apprentis moins attractif, voire impossible sans un soutien externe. L’effet combiné — sélection plus stricte, places vacantes et renoncement de certains employeurs — menace la chaîne d’approvisionnement en compétences qualifiées pour l’économie.
Quelle réponse de l’école et des acteurs économiques ?
Les faîtières demandent que l’école renforce l’enseignement des compétences de base afin d’éviter une «sélection» accrue au détriment des jeunes moins bien préparés. Elles invitent aussi les acteurs politiques et éducatifs à coordonner des réponses pour préserver l’accès à la formation professionnelle duale. La mise en place de dispositifs de remédiation en amont, le soutien ciblé aux apprentis en difficulté et des partenariats renforcés entre écoles et entreprises figurent parmi les pistes envisageables, selon les employeurs.
Pour l’heure, le constat posé par economiesuisse, usam et l’USP est avant tout un signal d’alarme : sans actions ciblées, la perte progressive de compétences de base chez les apprentis pourrait fragiliser durablement un modèle de formation qui a fait la preuve de son efficacité sur le marché du travail.