Le dernier bulletin de surveillance épidémiologique publié le 7 septembre par Santé publique France fait état de 343 cas de paludisme déclarés à Mayotte depuis le 1er janvier 2026, un total inédit sur l’île depuis 2010. Parmi ces cas, 238 sont importés et 76 ont été acquis localement. Huit cas supplémentaires ont été signalés lors de la dernière semaine d'août.
Répartition géographique et caractéristiques des nouveaux cas
Sur les huit cas déclarés la dernière semaine d’août, sept sont classés comme importés et un est en cours d’investigation. Les infections récemment signalées se répartissent sur quatre communes :
- Mamoudzou : 4 cas
- Acoua : 1 cas
- Chiconi : 1 cas
- Bandrélé / Bandraboua : 1 cas
Les cas importés proviennent majoritairement des Comores, ce qui traduit une circulation persistante du parasite dans l’océan Indien et une exposition accrue liée aux mouvements de population.
Une tendance inhabituelle après quinze ans de faible transmission
Le bulletin rappelle que, depuis 2011, l’incidence du paludisme avait fortement diminué à Mayotte, avec moins de dix cas acquis localement par an et une période sans cas locaux documentés entre juillet 2020 et février 2025. Le texte souligne :
« Après une diminution importante de l’incidence du paludisme à partir de 2011, tant pour les cas importés que pour les cas acquis localement, la transmission était restée à un niveau très faible pendant près de quinze ans. »
Or, depuis 2024, le nombre de cas importés a fortement augmenté, et la détection de cas acquis localement a repris : cinq cas acquis localement ont été identifiés entre juillet et août 2025, les premiers en plus de quatre ans. En 2026, cette tendance s’est amplifiée, avec une incidence des cas acquis localement multipliée par dix par rapport à 2025, passant de 0,02 à 0,22 pour 1 000 habitants, selon Santé publique France.
Chiffres clés
| Période | Cas totaux | Cas importés | Cas acquis localement |
|---|---|---|---|
| 01/01/2026 – 31/08/2026 | 343 | 238 | 76 |
| Dernière semaine d'août 2026 | 8 | 7 | 1 (en investigation) |
Impacts et enjeux locaux
La recrudescence du nombre de cas soulève plusieurs enjeux pour Mayotte : renforcement de la surveillance épidémiologique, mobilisation des services de santé, information des voyageurs et vigilance accrue dans les communes où des cas locaux ont été notés. La majorité des cas importés met en lumière la nécessité d’une coordination régionale avec les pays voisins pour limiter la circulation du parasite.
Les autorités sanitaires insulaires s’appuient sur les données du laboratoire de biologie médicale du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) et de l’Agence régionale de santé (ARS) pour suivre l’évolution de la situation. Les données mentionnées dans le bulletin sont encore non consolidées.
Que retenir pour les habitants et les voyageurs ?
- La présence de cas importés majoritaires montre que le risque pour l’île est en partie lié aux déplacements entre archipels de l’océan Indien.
- Les communes où des cas ont été identifiés — Mamoudzou, Acoua, Chiconi, Bandrélé/ Bandraboua — doivent rester attentives aux symptômes évocateurs (fièvre, maux de tête, frissons) et consulter rapidement.
- La surveillance se poursuit et les chiffres peuvent évoluer à mesure que les données sont consolidées et que les investigations progressent.
Face à cette situation inhabituelle, Santé publique France et les autorités sanitaires locales continueront de publier des bulletins pour informer la population et orienter les actions de prévention et de prise en charge.