Le député Les Républicains de la 2e circonscription de Haute‑Corse, François‑Xavier Ceccoli, a adressé ces derniers jours une lettre au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour attirer l’attention de l’État sur la situation préoccupante de l’offre hospitalière en Corse, et plus particulièrement sur l’état du centre hospitalier de Bastia.
Un établissement jugé obsolète et sous‑dimensionné
Selon le parlementaire, le centre hospitalier de Bastia, mis en service en 1985, ne correspondrait plus aux besoins actuels de son bassin de population. Il pointe la vétusté des locaux et leur sous‑dimensionnement, arguments qui, d’après lui, justifient une intervention rapide et planifiée des pouvoirs publics.
Le député souligne par ailleurs que les investissements réalisés ces dernières années en Corse‑du‑Sud — citant notamment le nouvel hôpital d’Ajaccio et le développement de l’offre privée — ont creusé un déséquilibre entre les deux départements de l’île. Il estime que ces progrès rendent « d’autant plus criante » la situation en Haute‑Corse.
Absence d’équipements lourds : le Tep‑scan au centre des préoccupations
Le point le plus marqué de sa lettre concerne l’absence sur l’île d’un Tep‑scan (tomographie par émission de positons), équipement d’imagerie crucial pour le diagnostic et le suivi de nombreux cancers. Cette lacune oblige des patients corses à se rendre sur le continent pour réaliser des examens indispensables, avec des conséquences pratiques et humaines.
« L’insularité ne peut avoir pour conséquence… une perte de chance », écrit l’élu en soulignant l’impact des déplacements sur la fatigue des malades et l’organisation familiale.
Conséquences humaines et renoncement aux soins
François‑Xavier Ceccoli insiste sur les répercussions concrètes des départs vers le continent : trajets par avion ou par bateau, fatigue accrue, nécessité d’organiser plusieurs jours d’absence pour les patients et leurs proches. Il met en avant que ces contraintes participent à un phénomène de renoncement aux soins observé en Corse.
Pour le député, le lieu de résidence ne devrait pas conditionner l’accès à des infrastructures médicales adaptées. Il demande que l’État garantisse des réponses afin d’éviter que l’insularité se traduise par une inégalité de chances face aux maladies graves.
Demandes précises adressées à l’État
Dans sa lettre, François‑Xavier Ceccoli réclame des engagements clairs sur deux axes : d’une part, la sécurisation du financement et du calendrier de reconstruction du centre hospitalier de Bastia ; d’autre part, l’équipement de la Corse en matériels d’imagerie lourde, à commencer par un Tep‑scan.
Il rappelle qu’une première enveloppe de 66 millions d’euros avait été validée précédemment, sous la pression notamment du député nationaliste Michel Castellani, mais le message du courrier est que ces sommes et calendriers doivent être confirmés et exécutés.
Impacts locaux et questions en suspens
La demande du député soulève plusieurs enjeux pour la Haute‑Corse : garantira‑t‑on un accès de proximité aux examens nécessaires au dépistage et au suivi du cancer ? Quels délais pour la reconstruction du CH de Bastia et pour la mise en service d’un Tep‑scan sur l’île ? Enfin, comment s’articuleront les financements entre l’État, l’Agence régionale de santé et les collectivités locales ?
À ce stade, la lettre de l’élu a été portée à la connaissance du Premier ministre, mais aucune annonce publique de l’exécutif sur des mesures concrètes et un calendrier n’a été communiquée.
Que peuvent attendre les habitants de Bastia et de la Haute‑Corse ?
- Des garanties sur le financement et le calendrier de reconstruction du centre hospitalier de Bastia, demandées par le député.
- L’équipement en imagerie lourde sur l’île, en particulier un Tep‑scan, pour réduire les déplacements vers le continent.
- Une amélioration générale de l’offre de soins afin d’éviter le renoncement et d’assurer l’égalité d’accès selon le lieu de résidence.
La démarche de François‑Xavier Ceccoli s’inscrit dans un débat plus large sur l’organisation des soins en Corse, et sur la manière dont l’État prend en compte les contraintes liées à l’insularité. Les habitants de Bastia et de la Haute‑Corse attendent désormais des réponses précises et un calendrier opérationnel.