Un diagnostic partagé et des mesures concrètes
La question de l'accès aux soins en Dordogne a fait l'objet, jeudi 10 septembre à Périgueux, d'une conférence organisée par « Sud Ouest » et TV7 réunissant élus, représentants de l'Agence régionale de santé (ARS), de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et des professionnels de santé. Le tableau dressé est préoccupant : la population vieillit et la demande de soins augmente, tandis que des territoires restent sous-dotés en médecins.
La vice-présidente du Grand Périgueux, Fanny Castaignede, a rappelé l'une des conséquences concrètes de ce déficit : « 10,7 % de la population périgourdine n'a pas déclaré de médecin traitant », un facteur qui, selon elle, contribue à la saturation des services d'urgence.
« La population de la Dordogne vieillit, les besoins en termes de santé augmentent », a déclaré Didier Couteaud, directeur de la délégation départementale de l'ARS.
Les intervenants ont cependant cherché à dépasser le constat en présentant des « prémices de guérison » grâce à des démarches collectives visant à rendre l'installation plus attractive.
Des aides financières et des soutiens à l'installation
Plusieurs dispositifs ont été exposés pour faciliter l'arrivée et la pérennisation des praticiens dans le département. La CPAM de Dordogne propose des aides à l'installation dans les zones identifiées comme fragiles par le zonage de l'ARS : une aide de 10 000 euros pour une première installation est prévue, ainsi que des forfaits majorés pour les zones prioritaires, a précisé Delphine Camblanne, directrice de la CPAM.
Le Département met parallèlement en avant des accompagnements matériels et sociaux : solutions de logement, places en crèche et soutien à l'emploi du conjoint, a expliqué Frédéric Delmarès, vice-président en charge de la santé.
Un effort collectif, « s’installer en rural oui, mais en équipe »
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d'une approche intégrée, fondée sur la coopération entre professionnels : médecins, infirmiers, paramédicaux et acteurs publics. L'idée est de favoriser des organisations de soins en équipe susceptibles d'améliorer l'attractivité des postes et la qualité de prise en charge.
- Accueil et accompagnement des jeunes praticiens : la venue annoncée de 18 médecins juniors en Dordogne a été qualifiée de signal encourageant.
- Mesures matérielles : logement, crèche, aide à l'emploi du conjoint.
- Incitations financières : prime à l'installation et majorations selon les zones.
Quels effets attendus et quels défis restent à relever ?
Les participants ont souligné que les aides peuvent inciter à venir, mais que leur efficacité dépendra de la capacité du territoire à offrir des conditions de vie et d'exercice adaptées. Attirer des médecins est une chose ; obtenir qu'ils s'ancrent sur le long terme en est une autre.
Plusieurs points restent à préciser : la nature exacte des forfaits majorés, leur durée, et les dispositifs d'accompagnement professionnel (création de maisons de santé, organisation de remplacements, formation continue). Les intervenants ont également évoqué la nécessité d'une coordination renforcée entre acteurs locaux (collectivités, ARS, CPAM, professionnels) pour transformer les premières arrivées en installations durables.
Tableau synthétique des éléments évoqués
| Constat | Mesures annoncées |
|---|---|
| 10,7 % de la population sans médecin traitant | Aide à l'installation de 10 000 € ; forfaits majorés selon zonage |
| Vieillissement de la population | Accompagnements logement, crèche, emploi pour le conjoint |
| Besoin de renouvellement des praticiens | Arrivée annoncée de 18 médecins juniors |
Pourquoi la coopération est centrale
Les solutions présentées mettent l'accent sur le travail collectif plutôt que sur des mesures individuelles isolées. L'approche en équipe permettrait de répartir la charge de travail, d'assurer une permanence des soins plus fiable et d'offrir une offre de soins diversifiée — facteurs reconnus pour favoriser la rétention des professionnels.
Informations pratiques
Les praticiens intéressés par une installation en Dordogne peuvent se rapprocher de la délégation départementale de l'ARS et de la CPAM pour connaître les modalités précises d'accès aux aides et aux accompagnements. Les collectivités locales indiquent qu'elles travaillent également à simplifier les démarches administratives et à recenser les offres de logement et de services pour les familles.
Sur le plan sanitaire, les enjeux demeurent importants pour un département où le départ en retraite de praticiens et l'évolution démographique pèsent sur l'accès aux soins. Le pari des autorités locales est d'articuler incitations financières et améliorations concrètes des conditions d'exercice pour transformer des arrivées ponctuelles en ancrages durables.