À partir du 1er septembre 2026, une révision du zonage régional infirmier entre en vigueur en Auvergne‑Rhône‑Alpes permettant la mise en place de mesures financières ciblées pour favoriser l’installation et le maintien des infirmiers libéraux dans les territoires où l’offre de soins est la plus fragile. L’initiative, conduite par l’Agence régionale de santé (ARS ARA) et l’Assurance Maladie, vise principalement des communes de l’Ain et de la Haute‑Savoie proches de la frontière suisse.
Une réponse aux effets de la proximité transfrontalière
La proximité avec la Suisse pèse sur la densité d’infirmiers dans plusieurs communes frontalières : malgré des besoins de soins locaux élevés, ces secteurs souffrent d’une offre insuffisante. Selon l’ARS et l’Assurance Maladie, la mesure consiste à adapter les aides conventionnelles nationales aux particularités de ces territoires, afin de concentrer un soutien financier renforcé sur les zones les plus en difficulté.
Objectifs : attirer et fidéliser
Le dispositif poursuit deux objectifs complémentaires : faciliter l’arrivée de nouveaux professionnels et encourager ceux déjà en place à poursuivre leur activité. Les équipes de l’Assurance Maladie sont mobilisées pour accompagner les professionnels intéressés et proposent des échanges et conseils aux infirmiers qui envisagent une installation en Haute‑Savoie ou dans l’Ain, qu’ils exercent actuellement dans un autre secteur ou dans un autre département.
Trois contrats pour chaque étape de l’exercice libéral
Pour répondre aux différents profils d’installation et de maintien, trois contrats conventionnels ont été proposés aux infirmiers exerçant ou s’installant dans une zone dite « très sous‑dotée » :
- contrat d’aide à l’installation ;
- contrat d’aide à la première installation ;
- contrat d’aide au maintien.
Ces contrats permettent d’adapter l’appui financier et conventionnel au stade de vie professionnelle du praticien, depuis l’installation initiale jusqu’au maintien d’activité dans des contextes localement difficiles.
| Contrat | Objectif |
|---|---|
| Contrat d’aide à l’installation | Accompagner l’arrivée d’un professionnel déjà formé souhaitant s'installer dans la zone ciblée |
| Contrat d’aide à la première installation | Soutenir les jeunes diplômés effectuant leur première installation libérale |
| Contrat d’aide au maintien | Inciter les praticiens en poste à poursuivre leur activité dans les communes fragiles |
Territoires prioritaires identifiés
L’ARS ARA et l’Assurance Maladie ont repéré quatre territoires particulièrement déficitaires en offre de soins infirmiers. Parmi les secteurs cités figurent Saint‑Julien‑en‑Genevois, Annemasse et La Roche‑sur‑Foron, situés dans la zone d’attraction économique de la Suisse. D’autres bassins de vie frontaliers de l’Ain et de la Haute‑Savoie devraient ainsi bénéficier de ce renforcement du dispositif.
Une première en France
Selon les autorités régionales, cette démarche est « une première en France » : il s’agit d’adapter des aides nationales aux réalités locales en concentrant les moyens sur les zones où l’accès aux soins infirmiers est le plus problématique. L’enjeu est de garantir la continuité des soins de proximité pour des populations parfois vieillissantes ou à besoins accrus.
Modalités d’accompagnement et démarches
Les équipes de l’Assurance Maladie se disent disponibles pour informer et accompagner les professionnels intéressés. Les infirmiers souhaitant obtenir des renseignements sur les conditions d’éligibilité aux contrats ou sur les modalités pratiques sont invités à contacter leur caisse locale et l’ARS Auvergne‑Rhône‑Alpes pour établir leur projet d’installation ou de maintien.
Impacts attendus et limites
Le renforcement des aides conventionnelles vise d’abord à stabiliser l’offre de soins dans des territoires fragiles et à limiter les ruptures d’accès aux soins. Toutefois, la seule incitation financière ne garantit pas à elle seule une installation durable : l’attractivité d’un territoire dépend aussi d’autres facteurs (logement, scolarité, mobilité transfrontalière) qui nécessitent des réponses coordonnées au niveau local.
Sur le plan sanitaire, la mesure représente néanmoins une avancée opérationnelle visant à prévenir la dégradation de l’accès aux soins infirmiers dans des zones où les besoins sont avérés.