Le rapporteur public remet en cause la portée des irrégularités alléguées
Le recours déposé par Ahamada Haribou, arrivé second lors du scrutin municipal du 25 mars à Mamoudzou, a été examiné ce mardi par le tribunal administratif de Mayotte. Selon les éléments rendus publics, le rapporteur public a préconisé le rejet de la requête, estimant que les irrégularités invoquées n’étaient pas de nature à affecter la sincérité de l’élection.
La décision finale du tribunal est attendue au début de la semaine prochaine. L’audience a été suivie par les équipes des deux camps, la majorité municipale faisant état d’un climat de confiance après l’intervention du rapporteur public.
Des accusations multiples mais fragiles selon la partie adverse
Dans sa requête, Ahamada Haribou dénonçait plusieurs pratiques susceptibles, selon lui, d’avoir « altéré la régularité et la sincérité du scrutin ». Les griefs mentionnés comprennent notamment :
- l’utilisation présumée de moyens communaux durant la campagne ;
- la distribution de bons alimentaires et de subventions à l’approche du vote ;
- le non‑respect du silence électoral ;
- des anomalies liées à la composition de certains bureaux de vote et la présence de policiers municipaux à leurs abords ;
- des contestations de bulletins et des procurations ;
- des promesses d’emploi supposées et des radiations contestées des listes électorales.
Les sources consultées précisent qu’aucune donnée précise sur le nombre de procurations contestées ni sur la nature exacte de toutes les anomalies alléguées n’a été publiée au moment de l’audience, ce qui a rendu difficile la démonstration d’un lien de causalité entre ces faits et le résultat final.
Réaction de la majorité municipale
Regroupée devant le tribunal à l’issue de l’audience, l’équipe du maire réélu a affiché sa sérénité. Hassani Kambi Ousseni, directeur de campagne d’Ambdil Wahedou Soumaila, a indiqué que « le rapporteur public a préconisé le rejet total de la requête. Il a considéré que le maire avait respecté les procédures ». Il a ajouté que plusieurs témoins cités par la requête s’étaient finalement rétractés.
« Le 25 mars, le candidat est allé sur les ondes de Mayotte la 1ère. Il a dit c’est un score sans appel. Il ne met pas en cause le résultat, il est parti féliciter le maire. Aujourd’hui, il (le maire NDLR) se retrouve au tribunal, sans comprendre pourquoi. Donc pour moi, c'est un mauvais perdant. »
Les chiffres du scrutin rappelés par la requête
Lors des municipales, le maire sortant Ambdil Wahedou Soumaila avait été réélu dès le premier tour. Les chiffres fournis au public permettent de situer l’écart entre les listes :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Voix pour Ambdil Wahedou Soumaila | 7 254 voix (60,90 %) |
| Voix pour Ahamada Haribou | 2 543 voix (21,35 %) |
| Inscrits | 20 148 |
| Votants | 12 175 (participation 60,43 %) |
| Sièges municipaux obtenus par la liste victorieuse | 42 des 49 sièges |
| Sièges communautaires | 19 des 21 sièges |
Malgré l’ampleur de la victoire, Ahamada Haribou a déclaré, au moment du dépôt du recours, ne pas remettre en cause le choix des électeurs : « Le résultat est sans appel, mais les règles doivent être respectées. » Le dossier soumis au tribunal vise précisément à déterminer si les faits dénoncés ont pu influer sur le résultat.
Enjeux locaux et calendrier judiciaire
Pour les habitants de Mamoudzou, l’issue de cette procédure conditionnera la stabilité politique municipale et la poursuite des projets engagés par la nouvelle équipe. Si le tribunal confirmait l’élection, le maire disposerait d’un cadre dégagé pour mener sa mandature ; à l’inverse, une annulation ouvrirait la voie à des conséquences juridiques et politiques importantes, potentiellement une nouvelle élection ou une mise à disposition transitoire des pouvoirs.
La décision du tribunal administratif, attendue en début de semaine prochaine, tranchera donc sur la recevabilité et la portée des éléments présentés. Les différentes parties ont indiqué qu’elles attendraient cette décision avant de commenter davantage.