Un décret publié le 11 septembre met un terme aux fonctions de Cécile Rackette comme directrice de cabinet du préfet de la région Grand‑Est et du Bas‑Rhin. La décision, visible au Journal officiel, intervient à l'issue d'une inspection conduite au printemps par l'Inspection générale de l'administration (IGA) après des signalements concernant le climat de travail au sein de la préfecture.
Une inspection déclenchée par des alertes internes
Selon les éléments portés à la connaissance des services, l'IGA a été saisie à la suite d'alertes remontées à la Direction des missions de l'administration territoriale et de l'encadrement supérieur. Ces saisines comportaient des accusations portant sur un management qualifié de toxique et des faits de harcèlement moral affectant la direction de la préfecture.
Les signalements ne visaient pas uniquement la directrice de cabinet : certains faisaient également état de comportements du préfet du Bas‑Rhin, Amaury de Saint‑Quentin. La nature précise des griefs n'a pas été rendue publique par l'administration, conformément aux pratiques de confidentialité entourant les enquêtes internes.
Procédure accélérée et mise en attente d'affectation
Le calendrier institutionnel montre une accélération de l'évaluation administrative : à la demande du préfet, l'examen prévu par le Conseil supérieur de l'appui territorial et de l'évaluation (CSATE) a été avancé en février. Nommée à son poste en novembre 2024, la sous‑préfète avait depuis été placée en arrêt‑maladie, situation qui a perduré jusqu'à l'annonce de la fin de mission.
« Puisqu’il y a une fin de mission, ça veut dire qu’il y aura une nomination », précise un responsable des services centraux, exprimant l'attente d'un remplacement durable dans les services.
La principale intéressée a indiqué qu'elle ne considérait pas cette décision comme une sanction et qu'elle était en attente d'une nouvelle affectation. Les services centraux espèrent clore ainsi une période de tensions internes et stabiliser la gouvernance préfectorale.
Nomination intérimaire et organisation provisoire
Par arrêté daté du 11 septembre, Karl Terrollion a été nommé secrétaire général adjoint et directeur de cabinet par intérim. Ses attributions devront permettre d'assurer la continuité de l'administration départementale pendant la mise en place d'une solution pérenne.
Depuis février, les missions de la directrice de cabinet avaient été prises en charge par le secrétariat général et l'administration centrale, mesure de gestion destinée à garantir le fonctionnement quotidien des services en l'absence de décision définitive.
Enjeux pour l'administration locale et pour les agents
Cette affaire soulève des questions sur la gouvernance et le climat de travail dans une préfecture qui coordonne des politiques publiques essentielles : sécurité, coordination des services de l'État, relations avec les collectivités et pilotage des dispositifs régionaux. Les alertes ayant conduit à l'inspection témoignent d'un malaise ressenti par des agents et d'une volonté des autorités de réagir.
Pour les agents, la fin de fonctions et la succession intérimaire doivent permettre de restaurer des conditions de travail apaisées et de relancer les relations internes au sein de la préfecture. Pour les élus locaux et les partenaires, il s'agit de conserver une interface stable avec l'État sur les dossiers départementaux.
Calendrier et points à suivre
- 11 septembre : publication du décret mettant fin aux fonctions de la directrice de cabinet.
- Mai (printemps) : inspection menée par l'IGA à la préfecture du Bas‑Rhin.
- Février : évaluation par le CSATE avancée à la demande du préfet.
- Depuis février : attributions assurées par le secrétariat général et l'administration avant la nomination intérimaire.
| Élément | Date |
|---|---|
| Publication du décret | 11 septembre |
| Inspection IGA | Mai (printemps) |
| Évaluation CSATE avancée | Février |
| Nomination intérimaire | 11 septembre |
La préfecture et le ministère de l'Intérieur n'ont pas publié de communiqué détaillant le contenu du rapport de l'IGA ni les mesures correctives envisagées au‑delà de la fin de mission et de la nomination intérimaire. Les prochaines semaines devraient permettre d'en savoir plus sur la procédure administrative de réaffectation et sur les suites données aux recommandations issues de l'inspection.
La situation sera suivie de près à Strasbourg et dans l'ensemble du département, où la stabilité administrative est jugée nécessaire pour conduire, notamment, les prochaines actions coordinationnelles entre l'État, les collectivités locales et les opérateurs publics.