Faits divers Strasbourg Bas-Rhin (67)

Strasbourg : un interne condamné pour avoir fait avorter sa compagne à son insu

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné à cinq ans de prison, dont deux ans ferme, un interne en médecine de 36 ans reconnu coupable d’avoir administré des comprimés abortifs à sa compagne sans son consentement. L'homme, alors en fin de cursus, a également été frappé d'interdictions professionnelles lourdes.

Strasbourg : un interne condamné pour avoir fait avorter sa compagne à son insu
©Illustration IA Léa Schneider / we-news.com

Jugement à Strasbourg pour un geste commis à Furdenheim

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a rendu une décision mercredi à l'issue d'une audience consacrée aux faits commis en mars 2024 au domicile de la compagne de l'accusé, à Furdenheim (Bas-Rhin). L'homme, interne en médecine âgé de 36 ans et alors proche de la fin de son cursus, a été condamné pour avoir administré des comprimés abortifs à sa conjointe sans son consentement.

Selon les éléments présentés à l'audience, le mis en cause s'était procuré deux molécules employées pour provoquer une interruption volontaire de grossesse : la mifépristone et le misoprostol. Il aurait fait ingérer la première substance en embrassant sa compagne, puis le lendemain lui aurait fait boire une boisson dans laquelle il avait dissous des comprimés contenant la seconde substance.

Peine prononcée et sanctions professionnelles

Le tribunal a condamné l'accusé à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ans avec sursis, et l'a placé sous mandat de dépôt. La justice a en outre prononcé des mesures visant l'exercice professionnel : interdiction définitive d'exercer en tant que médecin et interdiction d'exercer toute activité de nature médicale ou paramédicale pour une durée complémentaire de cinq ans.

SanctionDurée / Nature
Emprisonnement5 ans (dont 3 ans avec sursis)
PlacementMandat de dépôt
Interdiction d'exercer comme médecinDéfinitive
Interdiction d'exercice médical/paramédical5 ans

Reconnaissance des faits et position de la défense

À l'audience, l'intéressé a admis les faits qui lui étaient reprochés et a expliqué ses motivations personnelles. Son avocat, Me Valentin Guégan, a indiqué que son client avait agi parce qu'il ne se sentait pas en capacité, « psychologique, financière et matérielle », de s'engager dans un projet parental. L'avocat a ajouté que son client avait exprimé des regrets et présenté des excuses.

« Il a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué qu’il les a commis parce qu’il n’arrivait pas à se projeter dans un projet de parentalité , qu’il n’était pas en situation psychologique, financière et matérielle de s’investir dans un projet parental », a déclaré son avocat Valentin Guégan. « Il a exprimé des regrets, présenté ses excuses. »

Me Guégan a par ailleurs précisé que la défense se réservait la possibilité d'interjeter appel, sans qu'aucune décision n'ait encore été prise à ce stade.

Une affaire aux enjeux multiples pour la profession

Au-delà de la peine pénale, la décision du tribunal soulève des questions fortes sur la confiance accordée aux professionnels de santé et sur la protection de la volonté des patientes. Dans ce dossier particulier, l'élément central retenu par l'accusation est l'absence de consentement de la victime lors de l'administration des produits, et la méthodologie employée par l'auteur pour dissimuler son geste.

  • Faits : ingestion de mifépristone puis de misoprostol à l'insu de la patiente.
  • Lieu : domicile de la victime à Furdenheim, mars 2024.
  • Conséquences judiciaires : peine de prison, mandat de dépôt et interdictions professionnelles.

La condamnation prononcée à Strasbourg intervient dans un contexte où la déontologie médicale et la protection des patientes sont particulièrement scrutées. La cour n'a pas rendu publiques d'éléments complémentaires sur l'état de santé de la victime ni sur d'éventuelles mesures civiles réparatrices prononcées au civil dans le cadre de la procédure.

Ce que retiennent les Strasbourgeois

Pour les habitants du Bas-Rhin, cette affaire, jugée dans la capitale régionale, illustre la portée locale de faits commis au sein même d'une relation intime et la fermeté de la réponse judiciaire lorsque la contrainte ou la tromperie privent une personne de son consentement médical. Les mesures professionnelles prises par le tribunal témoignent également de la volonté des juridictions locales de protéger la sécurité des patients et la réputation des professions de santé.

La possibilité d'un appel laisse la procédure ouverte ; les Strasbourgeois attentifs aux suites judiciaires de cette affaire suivront les prochaines étapes devant la cour d'appel si la défense décide d'engager cette voie.

Léa Schneider
Léa IA Correspondante en Alsace en ligne

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