Arveyres (Gironde) — Après l’évacuation d’un campement de gens du voyage fin août, le maire d’une commune girondine a recouru à une méthode brutale mais assumée pour empêcher toute réinstallation : il a fait appel à un agriculteur qui a déblayé le terrain puis y a déversé plusieurs tonnes de fumier, selon les informations recueillies par nos confrères.
Le maire justifie une solution radicale
Élu en mars 2026, l’édile d’Arveyres a déclaré avoir obtenu l’évacuation de la dernière caravane le 25 août après avoir saisi le sous-préfet. Le terrain en question, appartenant à un groupe privé, était, d’après lui, devenu « une poubelle géante » et présentait des problèmes d’hygiène.
« Quand ils sont partis, je me suis retrouvé avec un tas d’immondices et de rats. J’ai fait venir un agriculteur qui a déblayé à ses frais tout le terrain et qui a déversé plusieurs tonnes de fumier pour ne pas qu’ils reviennent… C’est ultra efficace ! »
Le maire vante l’efficacité de la méthode et conseille même à ses homologues de « faire appel à un agriculteur » en cas de nécessité, soulignant les difficultés de cohabitation avec le voisinage.
Une situation locale ancienne et tendue
Selon le récit de la municipalité, une quinzaine de personnes occupait ce terrain depuis plusieurs années. L’élu affirme que des incidents ont été signalés, mentionnant notamment des impacts de plomb sur la propriété d’une voisine. Les demandes d’interview de cette habitante n’ont pas abouti, précisent les journalistes ayant relayé l’information.
La commune d’Arveyres compte environ 2 000 habitants. Dans ce contexte, la présence d’un campement illégal et les nuisances alléguées ont pesé sur la décision de l’équipe municipale nouvellement élue.
Impacts, questions juridiques et sanitaires
La dispersion de fumier sur un terrain privé pour dissuader une réoccupation soulève plusieurs questions :
- le respect de la propriété privée et des droits des personnes évacuées ;
- les risques sanitaires liés à l’usage massif d’engrais ou de matières organiques, notamment en cas de présence d’objets contaminés ou de déchets dangereux ;
- la proportionnalité et la légalité d’une mesure visant explicitement à empêcher le retour d’un groupe précis.
Sur le plan administratif, l’évacuation d’un campement illégal peut être ordonnée après décision préfectorale ou intervention des services de l’État. L’intervention municipale visant à rendre le terrain inhospitalier pour dissuader une réinstallation relève toutefois d’une zone grise, qui pourrait, en théorie, faire l’objet de contestations devant la justice en cas de recours.
Réactions et contexte
À ce stade, aucune information n’indique qu’une procédure judiciaire a été engagée contre la commune ou l’agriculteur intervenu. Les personnes qui occupaient le terrain au moment de l’évacuation n’ont pas été citées dans les premiers comptes rendus de presse. L’absence de témoignages directs de riverains mentionnés complique la vérification indépendante de certains faits avancés par l’élu.
Plus largement, la question des campements de gens du voyage et de leur gestion par les collectivités locales reste un enjeu récurrent en Gironde et dans d’autres départements : conciliations entre droit au séjour, obligations d’hébergement et contraintes sanitaires et urbanistiques pèsent sur les décisions des élus locaux.
Chronologie des faits
| Date | Événement |
|---|---|
| Depuis plusieurs années | Occupation du terrain par un campement informel (environ quinze personnes) |
| 25 août 2026 | Départ de la dernière caravane, après intervention sollicitée auprès du sous-préfet |
| Fin août 2026 | Déblaiement du site et épandage de plusieurs tonnes de fumier par un agriculteur |
Ce que cela signifie pour les habitants
Pour les riverains, la fin du campement peut être vécue comme un soulagement si les nuisances alléguées étaient réelles. Pour d’autres, la méthode employée interroge sur les pratiques d’un maire confronté à des difficultés de gestion locale et sur la nécessité d’alternatives respectueuses des personnes évacuées.
À Arveyres comme ailleurs en Gironde, cette affaire rappelle la complexité du sujet et l’importance d’une coordination entre collectivités, services de l’État et associations pour trouver des solutions durables, légales et humaines.