Une assistance psychologique de première ligne a été mise en place à la fin du mois de juillet pour répondre aux besoins des habitants, des évacués et des bénévoles affectés par le mégafeu qui a parcouru une vaste partie de la Gironde. En deux semaines d'activité, la cellule d'urgence médico-psychologique a enregistré plus de 1 500 consultations, réparties entre interventions sur le terrain et consultations téléphoniques.
Des équipes mobiles et un point fixe au Porge
Depuis son ouverture le 28 juillet, la cellule intervient à la fois en consultation dans des lieux publics et par téléphone. Les équipes ont assuré plus de 800 rendez-vous en présentiel dans des communes comme Le Porge, Lège-Cap-Ferret et Saint-Médard-en-Jalles, tandis que près de 700 entretiens ont été conduits par téléphone.
Parallèlement, le dispositif « Bus en + », conçu pour aller au-devant des populations évacuées, poursuit son parcours : il a déjà rallié plusieurs communes et doit se rendre prochainement à Lège puis à Arès. La cellule elle-même tient un point d'accueil gratuit et quotidien à l'école Jean-Degoul du Porge.
Des réactions variées, des symptômes concrets
Les professionnels de santé mentale sur le terrain décrivent une diversité de réponses psychologiques face au traumatisme. Outre les personnes ayant perdu leur domicile ou leur forêt, de nombreux habitants traumatisés n'ont pas forcément subi de pertes matérielles mais rapportent des troubles du sommeil, des cauchemars ou des réactions physiques liées au stress.
« On peut avoir des cauchemars, des terreurs nocturnes, des plaintes physiques », explique le médecin psychiatre coordonnant la cellule, en citant aussi des retours d'enfants et d'adultes confrontés à des symptômes très concrets.
Le personnel note également des manifestations plus inhabituelles chez les plus jeunes, comme des énurésies nocturnes (« pipi au lit ») ou des réveils en panique. Les aidants et bénévoles exposés à des témoignages de victimes figurent parmi les publics vulnérables, nécessitant eux aussi un suivi.
La parole comme premier remède
Les psychologues insistent sur l'importance d'une écoute active et immédiate pour prévenir l'installation d'un trouble post-traumatique. Certaines personnes ressentent de la culpabilité, y compris lorsqu'elles n'ont pas été directement sinistrées :
« Il y a des gens qui sont dans la culpabilité, d'être touchés sans avoir été sinistrés », rapporte une psychologue intervenant au département et dans le Bus en +.
Cette observation souligne que l'impact psychologique du feu dépasse le seul périmètre des pertes matérielles : l'exposition aux images, l'évacuation, la peur des sirènes ou d'odeurs rappelant l'incendie peuvent déclencher une détresse réelle.
Organisation et chiffres
Le bilan provisoire des consultations peut se résumer ainsi :
- Consultations en présentiel (Porge, Lège-Cap-Ferret, Saint-Médard-en-Jalles, etc.) : environ 800.
- Consultations téléphoniques : près de 700.
- Total : plus de 1 500 entretiens en deux semaines.
| Type | Nombre approximatif |
|---|---|
| Présentiel | 800 |
| Téléphone | 700 |
| Total | 1 500+ |
Comment s'adresser à la cellule
La cellule d'urgence médico-psychologique reste accessible quotidiennement et gratuitement à l'école Jean-Degoul du Porge. Le Bus en + continuera à stationner dans les communes récemment évacuées pour proposer des rendez-vous et des entretiens courts, destinés à écouter, rassurer et orienter vers un suivi si nécessaire.
Les autorités et les professionnels insistent sur le fait que le recours à ces dispositifs ne signifie pas forcément un trouble grave mais constitue un soutien préventif et réparateur. Une prise en charge précoce facilite le retour à un quotidien apaisé et limite les complications ultérieures.
Un besoin qui perdurera
Si la situation matérielle, comme la reconstruction d'habitations et la remise en état des forêts, sera longue, les psychologues rappellent que les conséquences psychiques peuvent suivre un calendrier différent. L'accompagnement des personnes touchées restera une priorité dans les semaines et les mois qui viennent, afin de répondre aux besoins variables des adultes, des enfants et des aidants.
Sur le plan local, la continuité du dispositif et sa présence sur le terrain visent à rétablir une forme de sécurité et de confiance indispensables à la recomposition des vies touchées par le feu.