Une rencontre à M’tsapéré place la mobilité au cœur des priorités
Lors d’une réunion tenue lundi 31 août à la mairie annexe de M’tsapéré, l’Association des maires de Mayotte (AMM), la CADEMA et la Ville de Mamoudzou ont placé la question des routes et des mobilités au centre de leurs échanges. Outre les transports, la table a abordé la reconstruction après le cyclone Chido, la gestion des déchets, le recensement, l’éducation, les financements et les grands projets territoriaux.
Dans ce contexte, les élus ont exposé une feuille de route claire :
« réduction assumée de la place de la voiture »pour favoriser des alternatives de déplacement. Selon les participants, il ne s’agit pas seulement d’aménager l’espace public, mais d’accompagner un changement de comportements dans une population déjà confrontée à de nombreuses difficultés quotidiennes.
Les chantiers en cours et leurs conséquences immédiates
Le projet Caribus, qui vise à proposer un réseau de transports collectifs avec des voies réservées et des aménagements pour les piétons et les cyclistes, a déjà engagé des travaux sur plusieurs axes de Mamoudzou.
- Phase 1 Sud : livrée entre le centre commercial Baobab et Passamaïnty ;
- Phase 1 Nord : livrée sur la rue Martin Luther King ;
- Phase 2 Sud : prévue pour prolonger le chantier entre le rond‑point du centre commercial Baobab et celui de la Pointe Mahabou ;
- Nord : travaux commencés le 30 juillet ;
- Kawéni : une portion de la RN1 est désormais à sens unique pour permettre l’avancée du chantier.
Ces travaux ont toutefois une contrepartie sensible pour les usagers : les automobilistes subissent déjà des embouteillages importants, conséquence directe des aménagements en cours et des restrictions temporaires de circulation.
Des alternatives multiples, mais une nécessité d’accompagnement
Face à ces contraintes, les élus multiplient les propositions pour réduire le recours systématique à la voiture : bus, covoiturage, scooter, vélo, marche et télétravail sont systématiquement évoqués comme options à promouvoir. Mais la mise en œuvre de ces alternatives se heurte à un paradoxe souligné par les acteurs locaux : la politique de réduction de la place de la voiture débute précisément au moment où les travaux rendent les déplacements plus pénibles.
Pour les habitants, la voiture reste souvent une nécessité, liée à des trajets de travail, à des contraintes familiales ou à l’insuffisance actuelle de l’offre de transport collectif. Les élus insistent donc sur l’importance d’un accompagnement soutenu pour modifier les pratiques : information, développement de services de proximité, incitations au covoiturage et sécurisation des voies pour les modes doux.
Perspectives et points à suivre
Le calendrier des chantiers et leur phasage seront déterminants pour l’acceptation sociale de cette transformation. Le basculement vers moins d’usage de la voiture passe par deux conditions simultanées : une offre de mobilité alternative crédible et une communication ciblée vers les habitants, afin de limiter la gêne occasionnée pendant les travaux.
| Phase | Secteur | État |
|---|---|---|
| Phase 1 Sud | Baobab – Passamaïnty | Livrée |
| Phase 1 Nord | Rue Martin Luther King | Livrée |
| Phase 2 Sud | Baobab – Pointe Mahabou | À réaliser |
| Nord | Zones nord de Mamoudzou | Travaux démarrés (30/07) |
Les prochaines étapes attendues par les citoyens concernent la mise en service progressive des lignes et des voies réservées, ainsi que les mesures d’accompagnement pour réduire l’impact des travaux sur la vie quotidienne. À court terme, la question qui se pose est simple : comment concilier la nécessité d’aménager une mobilité durable et la gestion des désagréments provoqués par un chantier d’envergure dans la capitale du département ?
Les élus, réunis à M’tsapéré, ont fait clairement savoir que la responsabilité n’incombe pas uniquement aux collectivités : une « formule presque injonctive », ont-ils admis, qui appelle aussi les habitants à adapter leurs pratiques pour faciliter la transition.