Le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement tunisien tient, ce lundi 17 août 2026, sa séance inaugurale, a annoncé la presse locale après la parution de deux décrets présidentiels au Journal officiel. L’instance, mise en place par décision du chef de l’État, est dotée d’un secrétariat général et d’une instance supérieure dont les membres ont été formellement nommés.
Des nominations publiées au Journal officiel
Les deux textes, datés du 12 août 2026 et rendus publics vendredi, organisent la composition et l’administration du Conseil. Le premier décret nomme plusieurs personnalités au sein de l’instance supérieure ; le second désigne Mohamed Ali Boughdiri au poste de secrétaire général.
| Décret | Date | Décisions principales |
|---|---|---|
| n°203 / 2026 | 12 août 2026 | Nomination des membres de l’instance supérieure |
| n°204 / 2026 | 12 août 2026 | Désignation de Mohamed Ali Boughdiri comme secrétaire général |
Une instance attendue pour définir les grandes lignes
La création du Conseil intervient dans un contexte où les acteurs du système éducatif appellent depuis longtemps à une réflexion stratégique dépassant la gestion quotidienne. Sur les ondes de la Radio nationale, Slim Kassem, président de l’Association tunisienne pour la qualité de l’enseignement, a salué l’ouverture de la première séance et en a souligné les enjeux :
« Ce Conseil supérieur va permettre de redonner au système éducatif son esprit stratégique national. »
Selon lui, l’instance devrait rompre avec une logique de gestion à court terme qui, selon ses propos, a dominé la politique éducative ces dernières années. Il a notamment mis en relief la nécessité d’une planification à plus long terme, face à la fragmentation des responsabilités entre plusieurs ministères et organismes intervenant dans l’éducation et la jeunesse.
- Les ministères concernés incluent, selon les acteurs tunisiens, l’Éducation, l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, les Affaires culturelles, les Affaires religieuses ainsi que la Jeunesse et les Sports.
- Le Conseil est attendu pour proposer des orientations générales, participer à leur élaboration et offrir une lecture d’ensemble de l’état du système éducatif.
- Des observateurs espèrent que ses décisions s’appuieront davantage sur des analyses et des données scientifiques, après une période marquée, d’après certains, par des arbitrages plus immédiats que stratégiques.
Conséquences et questions en suspens
La mise en place formelle du Conseil pose plusieurs questions opérationnelles : quelle sera la nature exacte des prérogatives de l’instance ? Comment s’articulera-t-elle avec les structures ministérielles existantes ? Quelle place donnera-t-elle aux acteurs de terrain, aux enseignants et aux familles dans l’élaboration des politiques éducatives ?
Depuis 2011, le paysage éducatif tunisien a connu de nombreuses réformes et consultations ; l’arrivée d’un organe supérieur de coordination pourrait contribuer à clarifier les responsabilités et à structurer une vision partagée. Reste à voir, désormais, comment les premières décisions et recommandations du Conseil seront perçues et traduites en actes concrets sur le terrain.
La séance inaugurale, convoquée sur invitation présidentielle, marque donc le lancement officiel d’un processus institutionnel dont l’impact dépendra autant de la composition et du fonctionnement interne du Conseil que de la capacité des autorités à mettre en œuvre ses propositions.