À quelques jours de la rentrée, la rentrée scolaire risque-t-elle d’être perturbée ? Les vacances n’ont pas apaisé l’indignation d’une partie du corps enseignant. Des collages et affiches apparaissent dans plusieurs établissements pour dénoncer des suppressions d’emplois et des réaffectations, tandis que les équipes veulent néanmoins accueillir les élèves dans un climat serein.
Une colère visible mais des écoles qui veulent ouvrir normalement
Sur le terrain, les représentants syndicaux et des groupes d’enseignants interrogés indiquent qu’aucune manifestation nationale n’est prévue dans de nombreux établissements locaux, comme le Collège Saint-Remacle. L’objectif affiché demeure d’accueillir les élèves sans heurts. Pourtant, la tension persiste : les professionnels pointent des pertes d’emplois dans certaines écoles malgré une population scolaire inchangée.
« Et c'est maintenant qu'on découvre des pertes d'emploi dans les écoles », précise Stéphan Klein, professeur de mathématiques et délégué syndical CSC.
Des suppressions et réaffectations qui pèsent
Dans l’établissement cité, on recense 8 pertes d’emploi alors que le nombre d’élèves reste identique. Au-delà de ces cas locaux, le problème se prolonge : des réaffectations au sein de l’enseignement libre sont également envisagées en raison de l’érosion du pouvoir organisateur. Plusieurs collègues risquent d’être déplacés et de retrouver un contrat dans d’autres écoles, parfois loin de leur lieu d’origine.
Les représentants syndicaux craignent par ailleurs une seconde vague de mouvements du personnel : certains collègues qui n’auront pas retrouvé leur poste initial d’ici l’automne seront réaffectés à des postes vacants occupés temporairement, entraînant de nouvelles suppressions d’emploi.
Le casse-tête des horaires
Outre l’emploi, c’est l’organisation des horaires qui absorbe une grande partie des inquiétudes. Dans plusieurs établissements, les équipes d’horaires—au Collège Saint-Remacle on parle de trois « horairistes » en plus de la direction—travaillent d’arrache‑pied pour élaborer des emplois du temps compliqués par des modifications de rythmes et de volumes horaires.
Un changement technique important alourdit la tâche : dans le secondaire supérieur, le tronc commun démarre en première et le volume d’enseignement pour certains enseignants passe de 20 à 22 périodes, ce qui entraîne :
- la nécessité de partager des cours entre plusieurs professeurs ;
- la perte d’emplois en supérieur pour certains, obligés de retrouver un poste dans le inférieur ;
- des réajustements d’organisation et de formation potentiellement éloignés du profil initial des enseignants concernés.
| Élément | Chiffre mentionné |
|---|---|
| Pertes d'emploi dans l'établissement cité | 8 |
| Personnes gérant les horaires | 3 |
| Passage des périodes en secondaire supérieur | 20 → 22 |
Conséquences pour les élèves, les équipes et l’année scolaire
Ces tensions organisationnelles ont des effets concrets : des cours partagés entre plusieurs enseignants peuvent nuire à la continuité pédagogique, des réaffectations peuvent laisser des élèves sans professeur de référence ou avec des intervenants pour lesquels leur formation initiale n’est pas adaptée. Pour les équipes, le surcroît de travail administratif lié aux emplois du temps et aux changements de niveaux accroît le stress à la rentrée.
Malgré cela, les acteurs interrogés souhaitent que la rentrée se passe dans des conditions sereines pour les élèves. Reste à voir si les mesures d’ajustement prises d’ici la mi‑octobre permettront d’apaiser les situations individuelles et d’éviter de nouvelles vagues de mouvements de personnel.
La rentrée, moment crucial pour les familles comme pour les équipes éducatives, sera une épreuve d’équilibre entre la nécessité d’organiser des emplois du temps cohérents et la préservation d’un climat d’enseignement stable et qualitatif.