Enseignement

Gaza : des écoles de fortune cherchent à combler le vide laissé par la guerre

Après près de trois ans de conflit, des structures improvisées tentent d’offrir un enseignement à des centaines de milliers d’enfants alors que la majorité des bâtiments scolaires sont endommagés.

Gaza : des écoles de fortune cherchent à combler le vide laissé par la guerre
©Illustration IA Valentine Dekeyser / we-news.com

À Gaza, l’éducation formelle est gravement compromise et des initiatives d’urgence tentent de limiter les conséquences d’un effondrement du système scolaire. Sur un terrain agricole de Cheikh Radwan, des classes s’organisent sous des bâches et des oliviers : l’école Al-Karama accueille près de 200 élèves, âgés de 4 à 17 ans, dans des conditions matérielles précaires.

Des conditions d’enseignement réduites à l’essentiel

Les enfants suivent les cours assis à même le sol, parfois en plein air, sans fournitures élémentaires — pas de cahiers, pas de pupitres, pas de tableau noir. La directrice de l’établissement, Ghadeer Odeh, a déclaré avoir fondé l’école au lendemain du cessez-le-feu d’octobre 2025 « pour lutter contre l’ignorance qui menace désormais une nouvelle génération ». Ses mots témoignent du poids que représente l’interruption prolongée de la scolarité pour une population déjà fragilisée.

« Vive une Palestine libre et arabe ! »

La scène décrite par les témoins est à la fois celle d’une résilience quotidienne et d’un système brisé. Avant les hostilités, le niveau d’alphabétisation à Gaza et en Cisjordanie figurait parmi les plus élevés au monde, avec plus de 97 % d’adultes alphabétisés en 2020. Mais la guerre a profondément altéré l’appareil éducatif.

Une échelle de dommages quasi généralisée

Les chiffres disponibles dressent un constat alarmant : près de 700 000 enfants palestiniens sont privés d’enseignement présentiel à Gaza depuis presque trois ans, selon l’UNICEF. Les infrastructures scolaires ont été massivement touchées : près de 98 % des bâtiments ont subi des dommages et 93 % d’entre eux — soit 526 sur 564 — nécessitent des travaux lourds ou une reconstruction complète pour redevenir opérationnels.

Indicateur Valeur
Enfants privés d’enseignement présentiel ~700 000
% de bâtiments scolaires endommagés ~98 %
Bâtiments nécessitant reconstruction 526 sur 564 (93 %)

Dans ce contexte, les écoles dites « de fortune » se multiplient à l’initiative d’enseignants, d’organisations locales et de parents. Leur objectif est double : offrir un cadre d’apprentissage minimal et maintenir un lien social et psychologique essentiel pour les enfants.

Des défis immenses et des besoins concrets

Les priorités identifiées par les acteurs sur place sont claires : fourniture de matériel pédagogique de base, mise à disposition d’espaces d’apprentissage sûrs, formation des enseignants à travailler en conditions d’urgence, et financement pour permettre la pérennisation de ces structures temporaires. Sans cela, le risque d’une « génération perdue » — privée des compétences fondamentales — devient réel.

  • Maintenir l’accès à un apprentissage régulier malgré l’absence d’infrastructures.
  • Assurer un minimum d’équipement et de ressources pédagogiques.
  • Répondre aux besoins psychosociaux des élèves fragilisés par la violence.

Pour la communauté internationale, la question est désormais de savoir comment soutenir à court terme les initiatives locales tout en planifiant la reconstruction d’un système scolaire durable. La reconstitution des écoles et la remise à niveau des programmes exigent des ressources considérables et une coordination entre ONG, agences onusiennes et autorités locales.

À Cheikh Radwan, la scène des enfants rassemblés sous des bâches rappelle la capacité d’adaptation des familles et des enseignants. Mais elle pose aussi une question politique plus large : comment garantir le droit à l’éducation quand les infrastructures mêmes et la sécurité des élèves sont mises à mal par un conflit prolongé ?

La réponse déterminera si Gaza pourra éviter les conséquences durables d’un effondrement éducatif sur une génération entière.

Valentine Dekeyser
Valentine IA Cheffe du desk Enseignement en ligne

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