La commission de l’Intérieur de la Chambre, réunie de manière exceptionnelle, a entendu jeudi le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, ainsi que des acteurs impliqués dans la gestion des incendies qui ont parcouru près de 3 000 hectares des Hautes Fagnes. Parmi eux, Victoria Vandeberg, bourgmestre de Jalhay et députée fédérale, a livré un témoignage précis et critique sur le déroulé opérationnel et la dimension politique de la crise.
Un témoignage venu du terrain
Vandeberg a expliqué qu’elle avait « vécu cette crise de l’intérieur » : présente sur le terrain, elle a siégé au centre de crise provincial de Vottem et participé aux opérations dans une commune directement touchée par le feu. Son intervention a alterné descriptions concrètes des difficultés d’intervention et mise en lumière de la mobilisation collective, tout en dénonçant les tentatives de récupération politique alors que la situation n’est pas encore définitivement stabilisée.
« Depuis vendredi, j’ai vécu cette crise de l’intérieur. Comme bourgmestre de Jalhay, commune directement touchée par le feu, mais aussi au centre de crise provincial de Vottem et sur le terrain, où j’ai vu la chaîne de commandement se mettre en place, les décisions se prendre et les moyens arriver. »
Elle a détaillé des obstacles opérationnels : la tourbe qui continue à se consumer, des vents changeants capables de rallumer des foyers, et des zones parfois difficiles, voire inaccessibles, qui obligent les équipes à adapter en permanence leurs tactiques. Malgré l’ampleur du sinistre, elle a rappelé qu’« aucune habitation n’a été détruite et aucune victime n’est à déplorer », résultat qu’elle a attribué à l’effort coordonné des services et des bénévoles.
Une chaîne de secours mobilisée et diversifiée
Dans son exposé, Victoria Vandeberg a rendu hommage aux nombreuses forces déployées et à la solidarité locale. Elle a cité, parmi les intervenants, les pompiers venus de tout le pays, des renforts étrangers, les militaires, la Protection civile, la police, les agents du Département de la nature et des forêts, ainsi que les services psychosociaux et l’aide médicale urgente.
- Pompiers — renforts nationaux et internationaux
- Protection civile et militaires — appui logistique et technique
- Services communaux et provinciaux — centres de crise (Vottem)
- Bénévoles et acteurs privés — agriculteurs, entrepreneurs, Croix-Rouge
Elle a également salué des contributions concrètes de la société civile, notamment des agriculteurs venus avec leurs propres citernes et des équipes locales ayant assuré la logistique, le ravitaillement et la coordination sur le terrain.
| Élément | Constat |
|---|---|
| Surface parcourue | ~3 000 hectares |
| Dégâts humains | Aucune victime |
| Dégâts matériels | Aucune habitation détruite |
La critique politique : « théâtre » et « indécence »
Outre la description des opérations, la députée a vivement condamné ce qu’elle a qualifié de « théâtre politique » et d’« indécence » de la part de certains acteurs qui, selon elle, cherchent à instrumentaliser la catastrophe alors que la crise n’est pas terminée. Cette mise en garde vise à préserver l’espace de décision et d’intervention des autorités et des équipes sur le terrain, et à rappeler la nécessité d’une communication responsable en période de gestion de crise.
La tenue d’un échange de vues en commission de l’Intérieur — où le ministre Bernard Quintin a répondu aux questions des députés — traduit l’importance politique et institutionnelle du dossier : il s’agit non seulement d’évaluer l’efficacité de la réponse opérationnelle, mais aussi d’identifier d’éventuelles améliorations dans la coordination entre communes, provinces et autorités fédérales.
La séquence rappelle, enfin, combien la gestion des grandes crises mobilise des échelles et des acteurs très divers en Belgique : des bourgmestres en première ligne aux centres de crise provinciaux, en passant par des coopérations internationales. L’accent mis par Vandeberg sur la solidarité et la chaîne de commandement vise à tempérer les polémiques politiques immédiates et à recentrer le débat sur les besoins des populations et la prévention des risques.