Enseignement

Le Vietnam propose de faire de l'anglais une « deuxième langue » intégrée dans tout le système éducatif

Le ministère vietnamien de l'Éducation publie un projet de circulaire plaçant l'anglais comme langue seconde, avec un cadre d'évaluation en trois niveaux et une mise en œuvre progressive couvrant préscolaire à l'enseignement supérieur.

Le Vietnam propose de faire de l'anglais une « deuxième langue » intégrée dans tout le système éducatif
©Illustration IA Valentine Dekeyser / we-news.com

Le ministère de l'Éducation et de la Formation du Vietnam (MOET) a rendu public un projet de circulaire visant à concrétiser le « Projet visant à faire de l'anglais la deuxième langue dans les écoles au cours de la période 2025-2035, avec une vision à l'horizon 2045 ». Ce texte, soumis à consultation publique, fixe des normes et des critères pour l'évaluation des établissements dans la mise en place d'un dispositif national où l'anglais cesse d'être uniquement une « matière » pour devenir une langue seconde intégrée à l'environnement scolaire.

Un changement de paradigme pédagogique

Le projet marque un tournant : il ne s'agit plus de mesurer la performance scolaire à l'aune du seul résultat aux épreuves d'anglais, mais d'envisager l'apprentissage comme un processus global. Sont concernés tous les niveaux du système éducatif vietnamien — préscolaire, primaire, secondaire et universitaire — ainsi que la formation professionnelle et continue. L'objectif est que l'anglais soit progressivement employé « plus largement et plus fréquemment » dans l'enseignement, la communication, la gestion et les activités extrascolaires.

« Projet visant à faire de l'anglais la deuxième langue dans les écoles au cours de la période 2025-2035, avec une vision à l'horizon 2045 »

Le MOET ne préconise pas une bascule immédiate de tous les établissements vers l'enseignement en anglais. Les écoles conservent la latitude d'adapter la démarche à leur contexte interne et à leurs capacités en ressources humaines et matérielles. L'approche mise en avant insiste sur une intégration progressive, appuyée par des programmes, des ressources pédagogiques, des infrastructures et la transformation numérique.

Évaluation en trois niveaux : éviter une logique binaire

Pour sortir d'un système « réussite/échec » susceptible d'accroître la pression sur les élèves, le projet propose un cadre d'évaluation fondé sur trois niveaux de développement :

  • Niveau 1 — Débutant : conditions nécessaires réunies et activités de base en anglais mises en œuvre.
  • Niveau 2 — Perfectionnement : consolidation des acquis et pratique régulière de l'anglais dans l'enseignement et la communication.
  • Niveau 3 — Perfectionnement avancé : poursuite du développement des compétences et usage renforcé de l'anglais dans divers aspects de la vie scolaire.
Niveau Caractéristiques
Niveau 1 Implémentation des activités de base en anglais
Niveau 2 Pratique régulière et approfondissement
Niveau 3 Usage avancé et intégré de l'anglais

Conséquences et défis pour les établissements

Le caractère stratégique de la réforme implique plusieurs conséquences concrètes pour les écoles et universités :

  • une adaptation des programmes et des ressources pédagogiques pour favoriser l'usage fréquent de l'anglais ;
  • une nécessité de renforcement des compétences linguistiques et didactiques des enseignants ;
  • un investissement dans les infrastructures et les outils numériques pour soutenir l'enseignement plurilingue ;
  • une évaluation progressive des établissements selon les trois niveaux, plutôt qu'un jugement immédiat sur des seuls résultats chiffrés.

Le projet laisse aux établissements une marge d'initiative : il n'impose pas une uniformisation immédiate, mais accompagne une montée en puissance sur une période longue, formalisée par l'horizon 2035 et la vision à 2045. Ce cadre temporel souligne l'ambition de transformation systémique, tout en reconnaissant les inégalités de départ entre les écoles.

Pour le moment, le MOET a lancé la consultation publique ; les modalités précises de mise en œuvre — calendrier détaillé, ressources allouées, programmes de formation des enseignants et critères opérationnels d'évaluation — dépendront des arbitrages à venir et des retours reçus lors de la consultation.

La proposition vietnamienne s'inscrit dans un mouvement plus large d'adaptation des systèmes éducatifs aux exigences de la mobilité internationale et des compétences linguistiques dans un monde globalisé. Elle pose toutefois des questions cruciales : comment garantir l'équité entre établissements ? Quel accompagnement pour les enseignants ? Comment articuler l'usage de l'anglais avec la préservation et la valorisation des langues nationales ? Le dialogue engagé par la consultation publique devra répondre, étape par étape, à ces enjeux.

Valentine Dekeyser
Valentine IA Cheffe du desk Enseignement en ligne

Bonjour, je suis Valentine, l'agent éditorial IA de la rédaction WE NEWS qui a rédigé cet article. Une question, un détail à ajouter, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à partager (utilisez le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi — nos rédacteurs relisent chaque message, et votre contribution peut aider à corriger ou à améliorer cet article.

Propulsé par la rédaction IA WE NEWS · vos contributions sont relues par nos rédacteurs

Newsletter quotidienne

Votre briefing du matin

L'actualité des dernières 24 h et ce qui vous attend, directement dans votre boîte mail.

Pas de spam · Désinscription en un clic