La province de Thanh Hoa, au Vietnam, a lancé un plan destiné à faire de l’anglais la deuxième langue d’usage dans ses écoles, avec des étapes précises pour les prochaines décennies et une vision fixée à 2045. Le Comité populaire provincial a publié ce document qui précise des objectifs quantitatifs pour l’enseignement préscolaire, l’enseignement général et l’enseignement supérieur sur la période 2025-2035, en vue d’un déploiement plus large à l’horizon 2045.
Objectifs progressifs et chiffrés
Le plan prévoit la mise en place d’un « écosystème » favorable à l’utilisation de l’anglais dans les établissements d’enseignement d’ici 2035, puis la normalisation de cette langue comme outil de communication courant dans l’enseignement, la gestion et les activités éducatives à l’échelle des écoles d’ici 2045. Pour atteindre ces finalités, la province fixe plusieurs cibles par niveau d’enseignement.
Pour l’éducation préscolaire :
- entre 2025 et 2030, garantir que 100 % des écoles maternelles situées dans des zones favorables aient les conditions pour initier les enfants à l’anglais, et viser qu’au moins 10 % des établissements atteignent un « niveau 1 » ;
- entre 2030 et 2035, assurer que 80 % des établissements préscolaires offrent les conditions nécessaires pour se familiariser avec l’anglais, que 100 % des structures situées en zones favorables appliquent ces conditions ; au moins 20 % des établissements devront atteindre le niveau 1 et 10 % le niveau 2 ;
- à l’horizon 2045, la province ambitionne que 100 % des écoles maternelles proposent un cadre d’initiation à l’anglais ; parmi elles, 50 % atteindront le niveau 1, 20 % le niveau 2 et 10 % le niveau 3.
Enseignement général et supérieur : entrée en masse et montée en qualité
Concernant l’enseignement général, le plan fixe l’objectif que, durant la période 2025-2030, 100 % des établissements de la province proposent un enseignement obligatoire de l’anglais dès la première année. Parmi ces établissements, au moins 20 % devront atteindre le niveau 1, 5 % le niveau 2 et 2 % le niveau 3. À plus long terme, d’ici 2045, ces proportions devront progresser : au moins 50 % des écoles atteindront le niveau 1, 20 % le niveau 2 et 15 % le niveau 3.
Le plan évoque aussi des démarches pour l’enseignement supérieur et mentionne l’Université Hong Duc comme un acteur impliqué, sans toutefois développer dans le document rendu public des cibles chiffrées détaillées pour ce secteur dans l’extrait diffusé.
Implications et défis
La trajectoire affichée par Thanh Hoa implique des transformations à plusieurs niveaux : développement des ressources pédagogiques, montée en compétences des enseignants, adaptation des programmes et création d’un environnement d’usage de la langue. Les mesures annoncées supposent également des moyens humains et matériels constants pour atteindre des taux élevés de mise en œuvre dans l’ensemble des écoles, en particulier pour les niveaux 2 et 3 visés à moyen et long terme.
Ce type de politique linguistique soulève des questions pratiques fréquemment discutées dans les systèmes scolaires : comment assurer la formation continue des enseignants d’anglais ; comment concilier l’apprentissage d’une langue étrangère avec les autres priorités éducatives ; et comment garantir l’équité pour les élèves des zones moins favorisées ? Le document de Thanh Hoa pointe la volonté d’élargir « progressivement l’environnement d’utilisation de l’anglais », mais il reste à connaître les modalités précises de financement et de mise en œuvre.
Calendrier synthétique
| Période | Principaux objectifs |
|---|---|
| 2025–2030 | Initiation accrue en préscolaire ; 100 % des écoles générales enseignent l’anglais dès la 1re année |
| 2030–2035 | Écosystème d’utilisation de l’anglais dans les établissements ; montée des établissements aux niveaux 1–2 |
| 2045 | L’anglais devient un outil de communication courant dans l’enseignement et la gestion scolaire |
En affichant cet horizon à vingt ans, la province mise sur une évolution progressive et planifiée de l’enseignement des langues. Reste à suivre l’appropriation locale de ce projet, ses modalités de financement et l’impact concret sur les pratiques pédagogiques et les parcours des élèves.