La province de Taï Ninh, dans le sud du Vietnam, a adopté un plan pour promouvoir l’apprentissage de la langue khmère au sein des établissements scolaires des communes frontalières et des localités où la population khmère est significative. Le projet couvre la période 2026-2030 et s’envisage comme une réponse à la fois éducative et patrimoniale aux besoins des élèves et des familles de la région.
Un enseignement facultatif et ouvert à tous
Le dispositif sera mis en place sur la base du volontariat : seuls les élèves intéressés pourront suivre des cours, et l'inscription nécessitera l'accord des parents. Les autorités provinciales précisent que le public ciblé ne se limite pas aux enfants d’origine khmère. Les élèves kinh et ceux appartenant à d'autres groupes ethniques peuvent également s'inscrire s’ils le souhaitent.
Des effectifs et des établissements qui justifient l’initiative
Taï Ninh compte actuellement 19 communes frontalières et 121 établissements d’enseignement général. Sur plus de 58 800 élèves scolarisés dans la province, un peu plus de 2 000 appartiennent à des minorités ethniques, dont 1 210 élèves khmers. Ces chiffres servent de base à la feuille de route provinciale pour étendre progressivement l’offre de khmer dans les écoles concernées.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Communes frontalières | 19 |
| Établissements d'enseignement général | 121 |
| Élèves totaux | +58 800 |
| Élèves issus de minorités | +2 000 |
| Élèves khmers | 1 210 |
Déploiement progressif et priorités opérationnelles
Le plan prévoit une mise en œuvre par étapes, débutant par des enquêtes locales pour évaluer les besoins réels et les conditions matérielles propres à chaque commune. Les autorités énumèrent plusieurs facteurs à prendre en compte : la disponibilité d’enseignants qualifiés, l’existence de salles adaptées, la fourniture de matériel et de manuels scolaires, ainsi que les ressources pédagogiques nécessaires.
Actuellement, seuls trois établissements proposent déjà des cours de khmer : l’école primaire de Tan Dong (commune de Tan Dong), l’école primaire de Hoa Dong (commune de Phuoc Vinh) et l’école primaire de La Van Cau (quartier de Binh Minh). Pour la rentrée 2026-2027, la province entend maintenir et renforcer la qualité de l’enseignement dans ces écoles et donner la priorité à l’introduction du programme au sein de l’internat provincial destiné aux minorités, dès que les conditions seront réunies.
- Enquêtes locales sur les besoins d’apprentissage et les infrastructures
- Renforcement des écoles déjà concernées pour l’année scolaire 2026-2027
- Priorité à l'internat provincial pour les minorités quand les conditions seront réunies
Enjeux éducatifs et culturels
Aux côtés de la finalité scolaire — offrir aux élèves la possibilité d’apprendre une langue maternelle ou seconde —, le projet est présenté par les autorités provinciales comme un instrument de préservation de la langue, de l’écriture et de l’identité culturelle khmères. Dans une région frontalière où les interactions transfrontalières et les patrimoines partagés sont importants, un enseignement structuré du khmer vise à renforcer la cohésion sociale tout en respectant le choix des familles.
La réussite du programme dépendra toutefois de capacités pratiques : recrutement et formation d’enseignants compétents, production ou adaptation de supports pédagogiques en khmer, et financement pérenne des activités. Le calendrier 2026-2030 laisse une marge pour expérimenter, évaluer et étendre l’offre selon les résultats des premières phases.
Sur le terrain, parents et acteurs éducatifs suivront de près la déclinaison locale de ces annonces : la concertation avec les communautés concernées et la transparence sur les moyens alloués seront déterminantes pour que l’initiative ne reste pas uniquement symbolique, mais se traduise par un réel accès à un enseignement de qualité pour les élèves khmers et ceux d’autres groupes souhaitant apprendre cette langue.