Saint-Pierre, sur l’île de La Réunion, a officialisé jeudi le renouvellement pour dix ans de sa convention Ville d’art et d’histoire avec l’État. Signée par le maire David Lorion et le préfet Patrice Latron, cette prolongation doit permettre de poursuivre la mise en valeur d’un patrimoine architectural et immatériel jugé riche et divers.
Un patrimoine multiple, visible et invisible
La commune dispose, selon le dossier de la convention, de trois monuments classés et de trente monuments inscrits au titre des monuments historiques. Mais l’enjeu dépasse la simple conservation d’édifices : la collectivité entend mettre en lumière aussi le « patrimoine immatériel » — lieux symboliques, traditions et modes de vie — qui raconte la construction sociale et économique de la ville.
Parmi les éléments mis en avant figurent des villas créoles, les anciennes cheminées d’usines, l’ancienne école Saint-Charles, le lavoir et l’usine de Pierrefonds. Ensemble, ces repères témoignent de l’histoire industrielle et du mode de vie créole qui ont façonné Saint-Pierre.
Des outils pour mieux connaître et valoriser
Pour donner corps à cette ambition, la convention prévoit notamment la création d’un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Ce lieu devra servir de point d’entrée pour les habitants et les visiteurs souhaitant comprendre l’histoire urbaine et sociale de la commune.
Plusieurs actions ont déjà été engagées dans le cadre de la précédente convention, parmi lesquelles la publication d’un livret consacré aux villas créoles de Saint-Pierre. Un ouvrage plus vaste, intitulé Saint-Pierre, Ville d’art et d’histoire, est également prévu, afin d’offrir une lecture plus globale du patrimoine local.
« Cette reconnaissance vient consacrer une longue histoire, un long travail en commun avec les services de l’État, avec les services de la DAC OI et avec les services culturels de la ville de Saint-Pierre », a déclaré David Lorion.
Une convention avec bilan triennal
La signature porte sur une durée de dix ans, avec un bilan prévu tous les trois ans. Cette cadence de suivi doit permettre d’ajuster les actions, d’évaluer les besoins de réhabilitation et de planifier des opérations de médiation et de valorisation auprès du public.
En pratique, la convention lie la commune et l’État autour d’objectifs partagés : protection du bâti et des ensembles urbains, soutien à des opérations de réhabilitation, développement d’outils pédagogiques et culturels pour faire mieux connaître l’histoire locale.
- Durée de la convention : 10 ans
- Bilan : tous les 3 ans
- Patrimoine recensé : 3 monuments classés, 30 inscrits
- Actions phares : Centre d’interprétation, publications thématiques
| Éléments | Chiffres / détails |
|---|---|
| Monuments classés | 3 |
| Monuments inscrits | 30 |
| Durée de la convention | 10 ans (bilan tous les 3 ans) |
Quelles conséquences pour la ville ?
Pour Saint-Pierre, la reconduction de ce label et le volet opérationnel qu’il porte doivent faciliter la mobilisation de moyens techniques et institutionnels pour entretenir et restaurer des bâtiments parfois dégradés. Mais la convention vise aussi à renforcer la visibilité touristique et la connaissance locale du patrimoine, via des supports éditoriaux et un centre d’interprétation susceptible d’accueillir expositions, visites guidées et actions pédagogiques.
Sur le plan culturel, la démarche insiste sur la nécessité d’articuler conservation matérielle et valorisation immatérielle : préserver des façades et des structures ne suffit pas si l’on oublie les usages, les savoir-faire et les récits qui donnent sens aux lieux.
La convention Ville d’art et d’histoire se veut donc un outil à la fois technique et pédagogique, destiné à transmettre aux générations futures un patrimoine urbain et social qui dit beaucoup de l’histoire réunionnaise.