Le ministère de l'Éducation et de la Formation a annoncé un projet de décret visant à modifier les règles encadrant les frais de scolarité pour l'enseignement supérieur à compter de l'année universitaire 2026-2027. Deux mesures majeures figurent dans ce texte : le relèvement du plafond pour la formation en médecine dentaire et l'assouplissement du plafond applicable aux établissements publics d'enseignement supérieur autofinancés.
Des hausses ciblées, et un assouplissement pour les établissements autofinancés
Selon le projet communiqué par le ministère, le plafond des frais de scolarité pour les cursus de médecine dentaire sera porté au même niveau que celui des formations en médecine et en pharmacie. Concrètement, pour les établissements publics qui ne sont pas autosuffisants pour couvrir leurs dépenses de fonctionnement, le projet fixe le nouveau plafond de la filière chirurgie orale et maxillo-faciale à 3,5 millions de VND par mois à partir de l'année universitaire 2026-2027. Ce montant se substitue au plafond antérieur, fixé à 2,66 millions de VND par mois.
Parallèlement, le texte propose d'autoriser les établissements publics d'enseignement supérieur qui se financent eux-mêmes — c'est‑à‑dire pouvant couvrir leurs frais de fonctionnement — à appliquer des frais pouvant atteindre 2,5 fois le plafond général. Cette mesure vise à aligner le statut des établissements autofinancés sur celui des entités publiques qui prennent en charge à la fois leurs dépenses courantes et leurs investissements.
Pourquoi ces ajustements ?
Le projet de décret est présenté comme une modification et un complément du décret n° 238/2025/ND-CP du 3 septembre 2025, qui réglemente notamment les politiques relatives aux frais de scolarité, aux exonérations et aux aides financières. Le texte en discussion cherche à adapter la tarification aux réalités financières de certaines filières coûteuses et au modèle de gestion d'établissements autofinancés.
Dans la pratique, le relèvement pour la médecine dentaire répond à la volonté d'harmoniser les montants demandés aux étudiants dans des disciplines médicales dont les coûts de formation sont élevés. Quant à l'augmentation du multiplicateur pour les établissements autofinancés, elle offre une marge de manœuvre financière plus importante à ces universités pour couvrir leurs charges et potentiellement développer des offres de formation ou des infrastructures.
Impacts attendus et points d'attention
Ces mesures soulèvent plusieurs enjeux pour les étudiants, les familles et les pouvoirs publics :
- Accessibilité financière : une hausse des plafonds peut se traduire par une augmentation effective des droits d'inscription pour les étudiants, selon les politiques tarifaires des établissements.
- Équité entre filières : l'alignement des tarifs des filières dentaires sur ceux de la médecine et de la pharmacie reflète la reconnaissance du coût plus élevé de certaines formations spécialisées.
- Autonomie des établissements : permettre aux universités autofinancées d'aller jusqu'à 2,5 fois le plafond général renforce leur capacité financière, mais pose la question de la régulation et de la transparence des prix.
Le projet de décret précise également qu'il complète les dispositifs existants d'exonérations, de réductions et d'aides financières pour les frais de scolarité, bien que le ministère n'ait pas détaillé dans le communiqué la nature ou l'ampleur de ces mécanismes de soutien pour compenser d'éventuelles hausses.
| Situation | Plafond antérieur | Plafond proposé (2026-2027) |
|---|---|---|
| Médecine dentaire (établissements non autofinancés) | 2,66 millions VND/mois | 3,5 millions VND/mois |
| Établissements publics autofinancés | 2 fois le plafond général | 2,5 fois le plafond général |
Le ministère a annoncé la mise en consultation de ce projet de décret. Les réactions des universités, des associations étudiantes et des autorités locales seront déterminantes pour ajuster ou valider ces propositions avant leur adoption finale.
Face à des budgets de formation difficiles à concilier avec les exigences qualitatives, la réforme attendue illustre la tension constante entre la préservation de l'accès aux études supérieures et la nécessité de responsabiliser financièrement certaines structures et filières.