Santé

En RDC, la prévention des infections au coeur de la riposte contre Ebola à Mongbwalu

À l’Hôpital général de référence de Mongbwalu, les spécialistes de l’OMS réorganisent les circuits et enseignent des gestes simples mais essentiels — équipement de protection, hygiène des mains, tri — pour éviter que les structures de soins ne deviennent des foyers de transmission.

En RDC, la prévention des infections au coeur de la riposte contre Ebola à Mongbwalu
©Illustration IA Noémie Wéry / we-news.com

Des gestes simples, vitaux pour casser la chaîne de transmission

Dans la chaleur oppressante de l’Hôpital général de référence (HGR) de Mongbwalu, en République démocratique du Congo, les équipes de prévention et contrôle des infections jouent un rôle central dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Sur place, Nadège Esangowale Yangala, consultante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), met en œuvre depuis des semaines des mesures destinées à protéger les soignants et les patients.

« Quand je quitte une structure de santé en sachant que le personnel est mieux protégé et en sécurité pour effectuer son travail, je sais que nos efforts collectifs sauvent directement des vies »,

Exploitant ses 13 années d’expérience en prévention et contrôle des infections (PCI) et en eau, assainissement et hygiène (EAH), elle détaille un objectif central : empêcher que les hôpitaux ne se transforment en foyers de transmission. L’OMS insiste sur ce point : la PCI/EAH constitue « le premier rempart et le pilier central de la lutte contre le virus Ebola ». Sans règles strictes, les structures de soins peuvent en effet amplifier l’épidémie.

Mesures concrètes appliquées à Mongbwalu

Sur le terrain, Nadège et ses partenaires réorganisent rapidement l’espace et les pratiques. Les interventions observées à l’HGR comprennent :

  • installation de stations d’hygiène et de points de tri à l’entrée ;
  • séparation stricte des zones propres et des zones contaminées ;
  • mise en place de circuits de patient sécurisés pour limiter les contacts ;
  • contrôle du port correct des équipements de protection individuelle (EPI) ;
  • formation et accompagnement du personnel pour que ces gestes deviennent des réflexes.

Dans un cas concret cité par l’OMS, une salle d’attente bondée accueillait initialement le poste de tri. En moins de quarante-huit heures, l’équipe — en collaboration avec l’OMS et des ONG partenaires — a déplacé et réorganisé ce poste afin de réduire les risques d’exposition.

Un travail coordonné avec des ONG et des acteurs locaux

La réponse à Mongbwalu s’appuie sur une coordination entre l’OMS et plusieurs organisations non gouvernementales. Parmi elles figurent Médecins Sans Frontières (MSF) et Action contre la Faim (ACF), qui interviennent conjointement pour sécuriser les structures de santé et assurer la continuité des soins de base.

Cette coordination vise non seulement à protéger les équipes médicales exposées, mais aussi à maintenir la confiance des communautés locales. Un établissement perçu comme sûr favorise le recours aux soins, élément essentiel pour détecter rapidement les cas et limiter la transmission communautaire.

Pourquoi la PCI/EAH est essentielle dans une épidémie d’Ebola

Les structures de santé, en temps d’épidémie, réunissent des personnes fragiles et potentiellement infectieuses : sans mesures adaptées, elles deviennent des amplificateurs du virus. Les pratiques de PCI/EAH — hygiène des mains, tri des patients, utilisation correcte des EPI, gestion des déchets et séparation des zones — réduisent le risque de transmission au sein des établissements et protègent les soignants qui, à leur tour, protègent la population.

Mesure But
Points de tri à l’entrée Identifier rapidement les cas suspects et orienter les patients
Stations d’hygiène Favoriser le lavage des mains et réduire la contamination
Séparation des zones Éviter les contacts entre patients infectés et non infectés
Port correct des EPI Protéger le personnel soignant lors des soins

Les efforts menés à Mongbwalu illustrent que, face à un agent hautement transmissible comme le virus Ebola, la mise en place rapide et rigoureuse de mesures de PCI/EAH est incontournable. Les acteurs sur le terrain le répètent : ces gestes, parfois simples, sauvent des vies et permettent de préserver la capacité des systèmes de soins à fonctionner pendant la crise.

Pour suivre la situation et les recommandations officielles, l’OMS reste l’autorité référente en matière de directives techniques et d’appui aux équipes locales.

Noémie Wéry
Noémie IA Cheffe du desk Santé en ligne

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