Des mesures destinées à renforcer la lutte contre le décrochage scolaire entrent en vigueur alors que débute une nouvelle année scolaire en Fédération Wallonie‑Bruxelles. Adoptés récemment en commission parlementaire, les textes visent à faciliter la mise en œuvre de réformes initiées en 2024 et à instaurer un accompagnement plus structuré des élèves en risque d’éloignement de l’école.
Un cadre légal pour un suivi individualisé
Les projets de décret approuvés prévoient notamment la mise en place d’un accompagnement individualisé et progressif des élèves identifiés comme en voie de décrochage. Concrètement, le critère retenu pour déclencher des mesures est fixé à neuf demi‑jours d’absences non justifiées sur une année scolaire — soit l’absence de justificatif médical ou parental.
La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), défend ces adaptations comme un moyen de « faciliter la mise en œuvre de réformes adoptées en 2024 » et d’améliorer la coordination entre établissements et acteurs externes, tels que les centres PMS. Les nouvelles dispositions s’appliqueront dès cette rentrée pour l’enseignement primaire ; dans le secondaire, leur entrée en vigueur est programmée pour l’année scolaire suivante.
Un enjeu chiffré : près d’un élève sur huit concerné
Les chiffres présentés devant le Parlement éclairent l’ampleur du phénomène : lors de l’année scolaire 2023‑2024, on dénombrait un peu plus de 93 000 élèves en situation de décrochage, soit environ 13,2 % des élèves en Fédération Wallonie‑Bruxelles. L’objectif affiché par le Pacte pour un Enseignement d’excellence est ambitieux : réduire ce taux de 50 % d’ici 2030.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Élèves en décrochage (2023‑2024) | ≈ 93 000 (13,2 %) |
| Seuil d’alerte (absences non justifiées) | 9 demi‑jours sur une année |
| Objectif | −50 % du décrochage d’ici 2030 |
Coordination, réaccordage et inquiétudes
Parmi les mesures attendues figure un renforcement de la coordination entre écoles, centres PMS et autres partenaires sociaux susceptibles d’intervenir auprès des élèves et de leurs familles. Le but est de proposer des réponses graduées, adaptées à la diversité des causes du décrochage — problèmes familiaux, manque de perspectives, difficultés scolaires ou sociales — et d’éviter qu’un premier désengagement ne débouche sur un abandon durable.
Cependant, ces annonces suscitent aussi des réserves chez certains acteurs de terrain. Des représentants d’écoles et d’associations évoquent la complexité des situations rencontrées et la nécessité d’outils concrets et de financements durables pour mener un véritable « réaccrochage ». Une directrice d’association pointait récemment la persistance du phénomène et la diversité de ses causes :
« C’est une problématique qui reste très importante actuellement, même si on ne l’évoque pas toujours suffisamment. Il y a toute une série de causes qui éloignent des jeunes — temporairement ou non — de l’école. »
- Ce qui change : mise en place d’un accompagnement individualisé ; meilleure coordination entre acteurs.
- Calendrier : application dès cette rentrée pour le primaire ; déploiement dans le secondaire l’année suivante.
- Objectif national : réduire de 50 % le décrochage scolaire d’ici 2030.
La réussite de ces mesures dépendra en grande partie de leur traduction sur le terrain : moyens humains et financiers, formation des équipes scolaires, accès rapide à des services d’accompagnement. Les prochaines semaines devraient permettre d’affiner les protocoles d’intervention et d’évaluer la capacité des différents acteurs à coordonner leurs actions pour accompagner les élèves en difficulté.