L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mercredi ne pas être, à ce stade, « en mesure » de procéder à une évaluation complète des risques à la suite du décès, en Russie, d'une laborantine de 28 ans travaillant dans un institut étudiant la peste. Ce manque de visibilité intervient alors que les premières estimations de l'OMS, publiées mardi, avaient qualifié le risque pour la population locale d'Irkoutsk de « modéré à faible », pour la Russie de « faible » et pour l'Europe de « très faible ».
Des informations jugées insuffisantes par l'OMS
Devant la presse à Genève, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que l'organisation ne disposait pas d'une vue d'ensemble permettant une appréciation fiable des risques. L'OMS, tout comme les États-Unis et l'Union européenne, a demandé à Moscou de transmettre davantage d'éléments sur cet événement, devenu ces derniers jours un sujet suivi à l'international.
« Nous ne disposons pas encore d'une vision complète de cet événement et ne sommes pas en mesure de procéder à une évaluation complète des risques. »
Selon le média local Peuples du Baïkal, la laborantine aurait pu contracter une peste pulmonaire après le bris d'un tube à essai. L'OMS a requis des précisions sur plusieurs points essentiels afin de lever les incertitudes et de vérifier les informations contradictoires circulant dans les médias.
- analyses de laboratoire effectuées sur la personne décédée ;
- informations sur l'état de santé des contacts et le suivi épidémiologique ;
- motifs justifiant la mise en place des mesures de santé publique prises localement.
Le Règlement sanitaire international en question
L'OMS a rappelé le cadre juridique du Règlement sanitaire international (RSI), qui fixe les obligations des États parties en matière de notification des événements pouvant présenter un risque sanitaire transfrontalier. En vertu de ce texte, un État doit répondre aux demandes d'information dans un délai de 24 heures. L'organisation a indiqué que Moscou avait fourni une réponse trois jours après sa requête datée du 3 octobre, ce qui alimente les préoccupations sur la rapidité et l'exhaustivité des échanges.
Le respect des procédures du RSI est, selon l'OMS, crucial pour permettre une évaluation précise des risques et organiser, le cas échéant, une réponse coordonnée internationale. Sans ces éléments, l'organisation ne peut que formuler des estimations provisoires qui peuvent évoluer avec de nouvelles données.
Conséquences et points d'attention
Même si les premières évaluations indiquaient des risques limités pour l'Europe, l'absence d'informations complètes empêche de lever définitivement toute inquiétude. Pour les autorités sanitaires, les éléments suivants restent prioritaires :
- vérification des diagnostics de laboratoire ;
- identification et suivi des personnes exposées ;
- transparence sur les modalités et l'étendue des mesures de confinement ou de protection mises en œuvre localement.
| Zone | Évaluation initiale de l'OMS |
|---|---|
| Irkoutsk | Modéré à faible |
| Russie | Faible |
| Europe | Très faible |
La surveillance médiatique et les déclarations publiques pourraient amener l'OMS à réviser ces jugements si des éléments nouveaux — notamment des résultats de laboratoire ou des informations sur des chaînes de transmission — venaient à être confirmés.
Pour la communauté internationale, la situation illustre l'enjeu que représente la rapidité et la transparence des notifications dans la gestion des urgences sanitaires. Tant l'OMS que plusieurs acteurs internationaux ont exhorté la Russie à communiquer de manière exhaustive et rapide afin de permettre une évaluation rigoureuse et, si nécessaire, l'organisation d'une réponse coordonnée.
Nous restons attentifs aux communiqués de l'OMS et aux informations officielles émanant des autorités russes ou d'autres organismes sanitaires internationaux qui pourraient préciser la nature exacte de cet événement et son impact éventuel sur la santé publique.