La ministre de l'Education de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, Valérie Glatigny (MR), a formellement démenti samedi toute modification des barèmes salariaux appliqués aux enseignants, après la diffusion sur les réseaux sociaux de fiches de paie montrant des indices apparents inférieurs à ceux constatés auparavant.
Inquiétudes déclenchées par les fiches de paie
Plusieurs enseignants ont manifesté leur étonnement en constatant sur leur fiche de paie de septembre un barème présenté comme moins élevé. Ces publications ont alimenté des craintes quant à l'impact éventuel de la décision fédérale de non‑indexer les salaires au‑delà de 4 000 euros bruts, et surtout sur les conséquences pour le calcul futur des pensions.
La réponse du cabinet : un « barème fictif » pour appliquer la non‑indexation
Sollicité par Belga, le cabinet de la ministre précise que les barèmes des enseignants « ne sont pas modifiés ». Pour gérer la non‑indexation décidée au niveau fédéral, l'administration a introduit un barème fictif afin de l'intégrer dans le calcul de la rémunération. Le cabinet assure que cette opération n'affecte ni l'ancienneté ni le montant de la pension de l'enseignant.
« Les barèmes des enseignants ne sont pas modifiés. »
Le cabinet ajoute que la méthode retenue pour appliquer la non‑indexation est la même que celle employée dans l'enseignement flamand et germanophone, ainsi que dans la fonction publique de la Fédération Wallonie‑Bruxelles et la fonction publique fédérale.
Transparence sur la procédure et information des syndicats
Selon le cabinet, la méthode de calcul applicable pour mettre en œuvre la décision fédérale avait fait l'objet d'une décision en gouvernement le 17 juillet. Les syndicats enseignants ont été informés de la démarche le 20 août via le comité A, l'instance de négociation des services publics.
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 juillet | Décision gouvernementale fixant la méthode de calcul pour la non‑indexation |
| 20 août | Information des syndicats par le comité A |
| Septembre | Apparition de fiches de paie suscitant des interrogations |
Ce que le cabinet assure et les questions qui persistent
Le message central du cabinet est double : d'une part, il n'y a pas eu de changement des barèmes officiels ; d'autre part, l'outil technique — le « barème fictif » — permet d'appliquer la non‑indexation sans altérer les droits acquis des enseignants. Le ministère souligne aussi que, à situation égale, tous les enseignants verront leur salaire évoluer avec l'indexation, y compris pour les cas concernés par l'indexation modulée décidée au niveau fédéral.
Cependant, la publication des fiches de paie et les interrogations exprimées sur les réseaux sociaux traduisent une défiance qui mérite d'être traitée par davantage de pédagogie administrative : explications détaillées, exemples chiffrés et communication proactive auprès des personnels concernés aideraient à dissiper les doutes, en particulier sur l'impact éventuel pour le calcul des pensions.
- La ministre affirme qu'aucun barème n'a été modifié.
- Un barème fictif a été utilisé pour intégrer la non‑indexation sans toucher à l'ancienneté ni à la pension.
- Les syndicats ont été informés le 20 août, après une décision gouvernementale prise le 17 juillet.
La controverse souligne la sensibilité des questions salariales dans l'enseignement et l'importance d'une communication claire entre autorités, syndicats et personnels pour éviter toute incompréhension susceptible d'aggraver les tensions dans le secteur.