Des enseignants de la Fédération Wallonie‑Bruxelles ont relevé, sur leurs fiches de salaire de septembre, un barème « apparemment moins élevé » qu'auparavant, provoquant une vive inquiétude au sein du corps enseignant et un appel à la grève lancé par le collectif Mars Attack pour ce lundi.
Une variation visible sur les fiches de paie
Plusieurs agents ont partagé sur les réseaux sociaux des captures de leurs fiches de salaire où le montant du barème affiché semblait avoir diminué. Pour certains, cette lecture laissait craindre des conséquences sur le calcul de leur pension et sur la reconnaissance de leur ancienneté.
La riposte du collectif et la demande d'explications
Face à ces publications et à l'inquiétude qu'elles ont suscité, le collectif Mars Attack a appelé les enseignants à se mettre en grève. Sur sa page Facebook, le collectif a remis en cause la légalité de la modification apparente :
« Seul un arrêté du gouvernement de la Communauté française peut modifier le barème. Apparemment cet arrêté n’a pas été pris. Apparemment ce qui a été fait n’est pas légal »
Parallèlement, les partis PS et Ecolo, alors dans l'opposition, avaient exigé des explications de la ministre de l’Enseignement.
Le cabinet de la ministre : aucun barème modifié
Sollicité par Belga, le cabinet de la ministre Valérie Glatigny (MR) a précisé que les barèmes des enseignants ne sont pas modifiés. Selon le cabinet, l'administration a introduit un « barème fictif » uniquement afin de tenir compte de la non‑indexation décidée au niveau fédéral pour les salaires dépassant 4.000 euros bruts. Le cabinet assure que cette méthode n'a « aucun impact sur l'ancienneté ni sur la pension de l'enseignant ».
Le communiqué précise aussi que la modalité retenue pour appliquer la non‑indexation est la même que celle employée dans l'enseignement flamand et germanophone ainsi que dans la fonction publique fédérale.
| Allégation | Réponse de l'administration / du cabinet |
|---|---|
| Barème affiché plus bas sur la fiche de salaire | Changement d'affichage dû à l'introduction d'un « barème fictif » pour calculer la non‑indexation |
| Risque sur pension et ancienneté | Pas d'impact sur l'ancienneté ni sur le calcul de la pension, selon le cabinet |
| Légalité d'une modification sans arrêté | Le cabinet affirme qu'il n'y a pas de modification du barème ; la contestation est portée par des collectifs et partis d'opposition |
Conséquences et contexte
La polémique intervient dans un contexte où la question de la non‑indexation décidée au niveau fédéral pour les salaires supérieurs à 4.000 euros bruts est sensible : elle oblige les administrations et les employeurs à adapter leurs mécanismes de paie et peut alimenter l'incompréhension parmi les personnels. Ici, le recours à un « barème fictif » visait, selon l'administration, à intégrer cette mesure technique dans le calcul.
Les appels à la mobilisation témoignent cependant d'un climat de défiance : lorsque des éléments de paie changent d'apparence, même pour des motifs techniques, l'impact perçu sur les droits acquis — pensions, ancienneté — peut déclencher des réactions rapides et des demandes d'intervention politique.
- Demande d'éclaircissements : les syndicats et collectifs réclament des explications claires et une communication transparente de l'administration.
- Risque de mobilisation : l'appel à la grève pour ce lundi illustre la détermination d'une partie du personnel enseignant à obtenir des garanties.
- Suivi politique : la situation a poussé des formations politiques (PS, Ecolo) à interpeller la ministre et à suivre le dossier.
Sur le terrain, la situation reste à suivre : l'ampleur de la participation à la grève annoncée et les démarches éventuelles des autorités pour rassurer ou préciser la méthodologie appliquée détermineront les suites. À ce stade, l'administration maintient que les barèmes n'ont pas été modifiés et que les droits des enseignants ne sont pas affectés.
Article rédigé pour la rubrique Enseignement du desk national.