Un week‑end d'alerte autour du canal
Depuis environ une semaine, les eaux du canal de Bruxelles présentent une teinte verdâtre et plusieurs poissons morts ont été observés le long des berges, conséquence d'un manque d'oxygène associé à une importante prolifération d'algues, a constaté l'agence Belga. Bruxelles Environnement confirme la présence des algues et annonce l'envoi prochain d'une équipe sur place pour évaluer la situation.
Origines probables et limites des certitudes
Interrogé par les médias, Pieter Elsen, fondateur de l'association City To Ocean, explique que plusieurs facteurs peuvent favoriser ce type d'explosion algale mais qu'il est difficile d'en déterminer la cause unique sans analyses complémentaires. Selon lui, la présence d'engrais et d'une matière organique accumulée dans les sédiments du canal constitue un terrain propice à la prolifération.
« Dans des conditions normales, lorsque les pluies sont fréquentes, les égouts bruxellois peuvent déborder une à trois fois par mois... Le débordement apporte beaucoup de matière organique, ce qui favorise la prolifération des algues. De ce fait, les poissons ne reçoivent plus d'oxygène. »
Il précise toutefois que le dernier débordement signalé remonte à fin juillet et souligne que les sédiments peuvent continuer à contenir des quantités significatives de matière organique longtemps après l'événement. City To Ocean mène par ailleurs une campagne intitulée « Disconnect your Roof » visant à détourner les eaux de pluie du réseau d'assainissement, en rénovant notamment des citernes chez des particuliers.
Risques, usages et recommandations
Outre la mortalité piscicole, la prolifération d'algues pose des questions sanitaires et pratiques pour les riverains et usagers du canal : qualité de l'eau, nuisances olfactives, et potentiellement la présence d'algues toxiques si des cyanobactéries sont impliquées. Des signalements d'algues bleues ont également été effectués plus en amont du canal bruxellois, selon les mêmes sources.
- Bruxelles Environnement envoie une équipe d'expertise sur place pour évaluer l'ampleur et la nature de la prolifération.
- City To Ocean identifie les matières organiques et les débordements du réseau d'assainissement comme facteurs aggravants.
- Les citoyens sont invités à éviter les contacts directs avec l'eau tant que la situation n'est pas clarifiée.
Contexte technique et urbanistique
Les infrastructures d'assainissement urbain jouent un rôle central dans l'explication de ces phénomènes. Lors des fortes pluies, le réseau d'égouts combiné peut connaître des débordements qui entraînent le rejet d'eaux usées mélangées à l'eau de pluie vers la Senne et le canal. Ces apports enrichissent les sédiments en nutriments et matière organique, favorisant la croissance des algues lorsque les conditions (température, lumière, faible renouvellement de l'eau) le permettent.
| Phénomène observé | Conséquence immédiate |
|---|---|
| Prolifération d'algues vertes | Réduction de l'oxygène dissous, mortalité piscicole |
| Apports de matière organique (sédiments, débordements) | Favorise la croissance algale |
Ce que font les acteurs locaux
Outre l'intervention annoncée de Bruxelles Environnement, des associations locales comme City To Ocean mettent l'accent sur des mesures structurelles (rétention des eaux pluviales, rénovation de citernes domestiques) pour réduire la fréquence des débordements. À court terme, l'évaluation sur le terrain devra permettre de préciser si des mesures de nettoyage ou des restrictions d'usage sont nécessaires pour protéger la santé publique et la biodiversité aquatique.
Pour l'instant, les autorités et associations insistent sur la nécessité d'attendre les analyses afin d'identifier la nature exacte des algues et de confirmer l'absence ou la présence de toxines. Les Bruxellois riverains du canal seront tenus informés des conclusions et des éventuelles recommandations par Bruxelles Environnement.