Santé publique France a présenté, mercredi 19 août, un bilan provisoire faisant état de 7 300 décès en excès liés aux vagues de chaleur de l’été 2026.
Un épisode prolongé et étendu
Le relevé, qui s’arrête au 22 juillet, note notamment qu’au moins 1 243 décès en excès toutes causes confondues ont été enregistrés entre le 3 et le 22 juillet. Selon les autorités sanitaires, l’épisode a été « moins intense, mais néanmoins assez remarquable par sa durée et son étendue territoriale » : 78 départements ont été concernés.
« Toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité de toutes causes, à l’exception de la Corse. » — Sébastien Denys, directeur santé‑environnement‑travail à Santé publique France
La région des Pays de la Loire est la plus touchée du bilan provisoire, avec 236 décès en excès. Par ailleurs, Santé publique France précise que près des trois quarts des décès concernent des personnes âgées de 75 ans et plus, une population plus vulnérable en raison de comorbidités fréquentes.
Un bilan provisoire, un décompte définitif attendu en octobre
Le point présenté mercredi ne prend pas en compte la vague de chaleur « en cours » au moment du communiqué. Les autorités rappellent que les fortes températures peuvent avoir des effets sanitaires à retardement sur l’organisme : le nombre définitif de morts attribuables aux canicules ne sera publié qu’en octobre.
Ce décalage reflète la méthode de surveillance de la mortalité toutes causes, qui compare les décès observés à des valeurs de référence et intègre des délais de consolidation des données. Le bilan provisoire permet toutefois d’évaluer l’ampleur immédiate de l’impact sanitaire et d’orienter les réponses de santé publique.
Qui sont les personnes les plus touchées ?
Les données communiquées par Santé publique France insistent sur la vulnérabilité accrue des personnes âgées : près de 75 % des décès en excès recensés concernent des personnes de 75 ans et plus. Cela renvoie aux facteurs bien connus d’aggravation des risques lors des périodes de chaleur : comorbidités, prise de certains médicaments, isolement social, difficultés d’accès à des lieux frais.
- Période couverte du bilan provisoire : 3–22 juillet 2026.
- Départements concernés : 78, soit une grande partie du territoire métropolitain.
- Régions : toutes touchées sauf la Corse ; Pays de la Loire la plus affectée (236 décès en excès).
Chiffres clés
| Période | Décès en excès (provisoire) |
|---|---|
| 3–22 juillet 2026 | 1 243 |
| Été 2026 (bilan provisoire au 22/07) | 7 300 |
Ces chiffres constituent un indicateur fort de l’impact sanitaire des épisodes de chaleur prolongée. Les résultats définitifs, attendus en octobre, permettront d’affiner l’attribution des décès aux vagues de chaleur et d’intégrer les données des semaines postérieures au 22 juillet.
Conséquences pour les politiques de santé publique
Un bilan provisoire élevé met en lumière la nécessité de renforcer les mesures de prévention ciblées sur les personnes âgées et isolées, d’améliorer la préparation des structures de soins aux surcharges potentielles pendant les épisodes extrêmes, et de maintenir la vigilance sur la durée plutôt que sur l’intensité ponctuelle des vagues de chaleur. Santé publique France insiste sur l’importance d’anticiper les effets différés des fortes températures.
La période à venir, et la publication du bilan définitif en octobre, permettront d’évaluer plus précisément les enseignements à tirer pour les plans canicule et les stratégies de protection des populations vulnérables.
Source : Santé publique France (communiqué du 19 août 2026).