Santé publique France publie une première estimation de la surmortalité liée aux fortes chaleurs de cet été. Entre le 3 et le 22 juillet, l’agence sanitaire française évalue à 1 243 le nombre de décès en excès par rapport à la mortalité attendue, selon les certificats de décès reçus à ce jour.
Méthode et prudence des autorités
Ce chiffre s’ajoute au bilan déjà publié pour la vague de chaleur antérieure : près de 6 000 morts en excès avaient été relevés entre le 17 juin et le 2 juillet. En incluant une première canicule, plus localisée, survenue du 24 au 28 mai, Santé publique France estime qu’au minimum 7 300 personnes de plus que la normale sont décédées lors de ces trois épisodes.
Les chiffres publiés ce mercredi constituent «une première estimation», a insisté Sébastien Denys, directeur santé-environnement-travail à Santé publique France. Ils reposent sur l’analyse des certificats de décès reçus jusqu’à mardi, qui représentent environ 80 % de l’ensemble attendu pour la période concernée. Il s’agit d’une évaluation de décès toutes causes confondues : ces excès ne sont pas encore formellement attribués à la chaleur.
«Ces deux vagues de canicule ont eu des intensités [météorologiques] différentes, ce qui peut expliquer en partie ces résultats. Mais on reste prudent, à ce stade on conseille de ne pas comparer les vagues entre elles»
Pour obtenir cette estimation, les scientifiques ont comparé le nombre de décès constatés avec la moyenne des mêmes périodes sur plusieurs années précédentes, afin de mesurer l’écart - l’excès de mortalité - imputable aux conditions exceptionnelles de l’été 2026.
Qui est le plus touché ?
Comme lors des précédentes canicules, les personnes âgées restent les plus vulnérables. Les plus de 75 ans représentent plus de trois quarts des décès en excès observés. Toutefois, Santé publique France note que l’excès de mortalité apparaît dès 45 ans, rappelant que l’âge n’est pas le seul facteur de risque face à la chaleur.
- Régions : les Pays-de-la-Loire semblent avoir été les plus touchées lors de la seconde période étudiée, tandis que la Corse apparaît relativement épargnée.
- Caractère provisoire : les données couvrent environ 80 % des certificats attendus et concerneront ultérieurement des analyses plus complètes reliant, ou non, ces décès à la chaleur directe ou à ses conséquences (décompensation de pathologies chroniques, etc.).
- Comparaison des vagues : les autorités appellent à la prudence avant d’opposer les épisodes entre eux, du fait de différences d’intensité météorologique et de couverture géographique.
Contexte et conséquences
Ces premiers éléments confirment la gravité de l’été 2026, marqué par des épisodes de chaleur d’une intensité et d’une durée remarquables. Au-delà du décompte des victimes, les services de santé publics et les autorités locales devront tirer les leçons en matière de prévention : identification des personnes à risque, adaptation des messages de santé publique, dispositifs de veille et de prise en charge pour limiter la mortalité évitable lors des prochains épisodes chauds.
| Période | Décès en excès (est.) |
|---|---|
| 24–28 mai | inclus dans le total |
| 17 juin – 2 juillet | ~6 000 |
| 3 – 22 juillet | 1 243 |
| Total minimal (trois épisodes) | ~7 300 |
Les chiffres restent partiels et feront l’objet de mises à jour au fur et à mesure de la remontée complète des certificats de décès et des analyses épidémiologiques approfondies. En attendant, les autorités sanitaires réaffirment l’importance des gestes protecteurs lors de fortes chaleurs et de la vigilance accrue envers les personnes âgées, isolées ou atteintes de maladies chroniques.