La Bundesbank met en garde contre un effet économique palpable : l'assèchement des cours d'eau allemands, et en particulier du Rhin, limite la navigation à pleine charge, augmente les coûts logistiques et ralentit la reprise d'une économie déjà fragile. Dans son rapport mensuel publié jeudi, la Banque fédérale d'Allemagne estime que ces perturbations vont freiner la croissance au troisième trimestre.
Un coup d'arrêt pour le transport fluvial
Des mois de sécheresse ont abaissé le niveau du Rhin et d'autres voies navigables au point d'empêcher les navires de circuler à pleine capacité. Concrètement, cela signifie des cargaisons fragmentées, des rotations plus fréquentes et des coûts de transport en hausse. La Bundesbank note que « le nombre limité de voies navigables praticables et la forte hausse des coûts de transport risquent de peser fortement sur la production industrielle et la croissance des exportations. »
Conséquences pour l’industrie et les exportations
La Banque fédérale souligne que ces difficultés s'ajoutent à d'autres freins structurels : un taux d'utilisation des capacités de production bas dans l'industrie allemande et la récente hausse des taux d'intérêt décidée par la Banque centrale européenne, facteurs qui pèsent sur les investissements des entreprises.
Résultat attendu : une reprise modeste au cours du trimestre en cours. La Bundesbank estime que l'activité économique du troisième trimestre sera sensiblement affectée par les faibles niveaux d'eau.
Impacts en Belgique : quels canaux de transmission ?
L'Allemagne, premier partenaire commercial de la Belgique, transfère par voie fluviale une part importante de ses marchandises. Les répercussions possibles pour la Belgique concernent :
- hausse des coûts logistiques pour les entreprises qui utilisent le Rhin ou des infrastructures reliées ;
- retards d'approvisionnement pour les industries dépendantes de flux entrants depuis l'Allemagne ;
- pression sur les exportateurs belges si les acheteurs allemands subissent des ralentissements de production ou des hausses de prix.
Pour les ménages et les indépendants, la traduction peut être indirecte mais concrète : allongement des délais de livraison, hausse éventuelle des prix de biens industriels et matières premières, et ralentissement de nouvelles commandes dans certains secteurs (mécanique, chimie, agroalimentaire). Les indépendants actifs dans la logistique ou le transport fluvial pourraient connaître une activité perturbée et des coûts accrus.
Conjoncture et inflation
La Bundesbank relève aussi que l'inflation a atteint 2,8 % en juillet et pourrait connaître une accélération temporaire. Cependant, l'institution précise que les perspectives restent liées aux développements du conflit au Moyen-Orient. À ce stade, rien n'indique que la guerre entraîne des effets de second tour sur les salaires, selon la Bundesbank.
La combinaison de la sécheresse, d'une utilisation réduite des capacités industrielles et de taux d'intérêt plus élevés crée un contexte où l'investissement privé reste contrainte, ce qui alimente le scénario d'une croissance faible.
| Facteur | Effet attendu |
|---|---|
| Niveaux d'eau faibles | Navires non chargés à pleine capacité, coûts logistiques en hausse |
| Faible utilisation des capacités | Frein à la production industrielle et à l'investissement |
| Hausse des taux ECB | Moindre incitation à l'investissement des entreprises |
La Bundesbank précise que ces facteurs devraient peser sur la croissance des exportations et sur la production industrielle au troisième trimestre.
Que peuvent attendre les acteurs belges ?
À court terme, les entreprises belges exposées aux chaînes logistiques rhénanes devront anticiper des surcoûts et des délais. Les pouvoirs publics et les organisations professionnelles surveilleront les conséquences sur l'emploi et la compétitivité. À moyen terme, si la sécheresse persiste, les acteurs économiques devront s'adapter par des solutions de substitution logistique ou par des investissements dans la résilience des chaînes d'approvisionnement.
« Les faibles niveaux d'eau affectent ainsi sensiblement l'activité économique au troisième trimestre. »
La Bundesbank met en garde : la combinaison d'aléas climatiques et de contraintes macroéconomiques peut ralentir la reprise de la première économie européenne, avec des retombées notables pour les économies voisines, dont la Belgique.