Une bague luxueuse, un timing contesté
Des élus du Sénat des États-Unis ont adressé, cette semaine, une lettre critique à Isidore Mörsel, président de l'Antwerp World Diamond Centre (AWDC), ainsi qu'à David Gotlib, le joaillier à l'origine du présent. Les deux sénateurs démocrates, Elizabeth Warren et Richard Blumenthal, exigent des explications après qu'une bague a été offerte à l'ancien président Donald Trump par des diamantaires d'Anvers.
Une remise lors des festivités à Bruxelles
La bague a été remise par Isidore Mörsel à Bill White lors des cérémonies organisées à Bruxelles pour le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. D'après la lettre des sénateurs, ce cadeau ostentatoire, « de la taille d'une montre », comporte une large lettre « T » ainsi que les chiffres 45 et 47, en référence aux mandats présidentiels de M. Trump.
Contenu et estimation du bijou
Le collimateur des élus se porte sur la composition et la valeur estimée de la bague, ainsi que sur le contexte politique entourant son octroi. Selon les informations transmises aux sénateurs, le bijou est en or 18 carats et serti de nombreux gemmes :
- 321 diamants
- 56 saphirs
- 13 émeraudes
- 6 rubis
Sa valeur est estimée entre 22 000 et 30 000 euros.
| Élément | Quantité / détails |
|---|---|
| Métal | Or 18 carats |
| Diamants | 321 |
| Saphirs | 56 |
| Émeraudes | 13 |
| Rubis | 6 |
| Valeur estimée | 22 000 – 30 000 € |
Le point de friction : une exemption tarifaire
Les sénateurs Warren et Blumenthal interpellent l'AWDC au regard du calendrier. Moins de quatre semaines après la remise du bijou — soit le 23 juillet — l'administration Trump a inclus le secteur du diamant parmi les exceptions à une surtaxe de 10 % sur certains droits de douane. Dans leur courrier, ils relèvent une coïncidence « perturbante » entre le cadeau et la décision d'exempter le diamant de cette surtaxe.
« Au mieux, votre cadeau au président Trump, au moment où des décisions cruciales sur les droits de douane sont prises, donne l'impression flagrante d'être inapproprié. Dans le pire des cas, il renforce l'idée que des intérêts commerciaux étrangers peuvent acheter des exemptions tarifaires lucratives en inondant simplement le président Trump de cadeaux clinquants. »
Des précisions et des zones d'ombre
La Maison Blanche avait pour sa part affirmé que l'exemption figurait dans le texte d'origine signé en juillet 2025 ; une déclaration que le courrier des sénateurs juge factuellement inexacte. Le secteur diamantaire d'Anvers avait précédemment bénéficié d'une exemption en septembre 2025, mais celle-ci avait ensuite été supprimée — détail qui complexifie le calendrier et nourrit les demandes d'éclaircissements.
Conséquences pour Anvers
Pour la ville d'Anvers, reconnue comme l'un des principaux marchés mondiaux du diamant, la polémique pose des enjeux de réputation et de gouvernance. Le secteur repose sur des relations internationales étroites et sur la confiance des partenaires et des autorités. Une mise en cause publique par des élus américains peut peser sur les échanges commerciaux, la perception institutionnelle et les inspections réglementaires éventuelles.
Les attentes sont désormais tournées vers l'AWDC et le joaillier David Gotlib, qui doivent répondre aux demandes d'explication formulées par les sénateurs. Pour la population anversoise et les acteurs économiques locaux, cette affaire souligne la fragilité des liens entre diplomatie, commerce et image publique lorsqu'ils se mêlent à des gestes de haute visibilité.
La rédaction suit l'évolution du dossier et publiera les réponses officielles de l'AWDC et des personnes citées dès qu'elles seront communiquées.