Un projet emblématique stoppé dans sa forme initiale
La multinationale américaine Plug Power a définitivement renoncé à construire, dans sa configuration initiale, l’usine d’hydrogène vert annoncée en 2022 sur le site NextGen du port d’Anvers-Bruges. Le groupe avait présenté ce projet lors d’une mission économique à New York et tablait alors sur un investissement compris entre 350 et 400 millions d’euros, avec une mise en service prévue en 2025. Selon les documents financiers déposés récemment et consultés par la presse économique, Plug Power a procédé à la dépréciation totale de ses actifs en cours de construction à Anvers, à hauteur de 13,6 millions d’euros.
Les raisons invoquées par l'entreprise
Dans les annexes aux comptes annuels 2024, approuvés en mars 2026, la société explique qu’elle ne poursuit pas le projet dans sa forme initiale en raison d’« incertitudes entourant la viabilité économique du projet ». Elle évoque également plusieurs risques qui pourraient affecter le développement futur des actifs.
« les incertitudes entourant la viabilité économique du projet »
Ce retrait intervient alors que le secteur européen de l’hydrogène connaît une période d’ajustement : plusieurs projets récemment annoncés peinent à sécuriser leurs débouchés et leurs financements. Parmi les facteurs clés mentionnés par les acteurs du secteur figurent notamment le coût de l’électricité renouvelable, qui pèse sur le coût de production de l’hydrogène par électrolyse, et la difficulté à obtenir des engagements d’achat à long terme suffisants pour assurer la rentabilité.
Conséquences locales et statut de la concession
Le retrait du projet tel qu’il avait été conçu ne signifie pas un départ immédiat de Plug Power du port. D’après Port of Antwerp-Bruges, la société conserve sa concession de 30 ans sur le site. Concrètement, cela laisse la porte ouverte à une révision du projet, à un partenariat différent, ou à une attente d’amélioration des conditions de marché avant de relancer l’investissement.
- Investissement annoncé en 2022 : 350–400 millions d’euros
- Actifs dépréciés par Plug Power : 13,6 millions d’euros
- Concession portuaire conservée : 30 ans
| Année | Événement |
|---|---|
| 2022 | Annonce du projet lors d’une mission économique à New York (investissement 350–400 M€) |
| Prévu en 2025 | Mise en service initialement planifiée |
| Mars 2026 | Approbation des comptes 2024 et mention de la dépréciation de 13,6 M€ |
Pour la ville et la province d’Anvers, la nouvelle est un coup d’arrêt pour ce qui devait devenir l’une des plus grandes unités de production d’hydrogène vert en Belgique. Les autorités portuaires et les acteurs régionaux avaient mis en avant cet investissement comme une opportunité pour renforcer la filière hydrogène locale et attirer des chaînes de valeur autour de la décarbonation industrielle.
Un secteur en phase d’ajustement
Le cas de Plug Power illustre les difficultés plus larges auxquelles se heurte le développement de l’hydrogène vert en Europe. Les développeurs doivent composer avec des coûts énergétiques encore élevés pour l’électrolyse, ainsi qu’avec la nécessité de garantir des contrats d’achat sur de longues durées afin d’obtenir des financements. À Anvers comme ailleurs, les porteurs de projets cherchent désormais à aligner conditions de marché, soutien public et sécurité d’approvisionnement pour rendre les investissements attractifs.
Sur le plan local, la conservation de la concession par Plug Power permet toutefois de préserver une possibilité de reprise ou de réorientation du projet si les conditions économiques s’améliorent. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si le site NextGen accueillera, à terme, une version repensée du projet ou si d’autres investisseurs se positionneront pour occuper cette emprise stratégique du port d’Anvers-Bruges.