Contexte et enjeux pour l’usine de Gand
La perspective d’une production de modèles du groupe Geely dans les usines Volvo européennes, annoncée depuis la Chine, a ravivé le débat sur l’avenir du site de Gand. Fragilisé ces derniers mois par des pertes de volumes et une capacité industrielle excédentaire, le site fait face à une concurrence interne au groupe et à une possible redistribution des chaînes de production.
Le nouvellement nommé président de Geely Automobile, An Conghui, a indiqué que les usines Volvo en Europe pourraient, à partir de 2028, être utilisées pour assembler des véhicules de la maison mère chinoise. Cette option vise notamment à éviter des droits de douane et à optimiser l’utilisation des capacités déjà disponibles en Europe.
Que signifie cette annonce pour Gand ?
Pour l’usine gantoise, l’hypothèse représente une opportunité concrète : elle permettrait de compenser la perte de certains modèles Volvo et d’absorber une partie de la surcapacité du groupe en Europe. Toutefois, plusieurs réserves pèsent encore sur cette perspective.
- La décision finale dépendra de la stratégie industrielle que Volvo présentera en septembre ;
- La maison mère chinoise doit encore préciser quelles marques et quels modèles seraient produits en Europe ;
- La concurrence de la nouvelle usine slovaque, mieux équipée techniquement, reste un facteur déterminant.
« les usines Volvo en Europe serviraient dès 2028 à la production des véhicules de luxe de la gamme Geely »
Selon les informations disponibles, les marques susceptibles d’être concernées sont probablement Zeekr et Lynk&Co, positionnées en Chine comme premium et semi‑premium et présentes sur le marché européen. Le CEO de Volvo, Håkan Samuelsson, avait déjà évoqué cette possibilité en juin : utiliser les capacités européennes existantes permettrait d’éviter d’investir dans de nouvelles usines qui risqueraient de tourner au ralenti.
Capacités, chiffres et pression concurrentielle
Le groupe Volvo fait face à une problématique de capacité. L’an dernier, la marque n’a vendu qu’environ 400 000 véhicules en Europe alors que ses usines pourraient en livrer le double, d’après les éléments disponibles. La création récente d’une très grande usine en Slovaquie, dotée de technologies avancées comme le gigacasting et l’architecture 800 V, complique encore la donne : elle concentre une partie du risque de surcapacité et pourrait attirer des productions que l’on aurait pu affecter à Gand.
| Élément | Données évoquées |
|---|---|
| Horizon possible pour production Geely en Europe | 2028 |
| Ventes Volvo en Europe (année récente) | ~400 000 véhicules |
| Aide promise par le gouvernement belge | 119 millions d’euros |
Le gouvernement belge, via la task force dirigée par le Premier ministre Bart De Wever (N‑VA), a déjà annoncé une enveloppe de 119 millions d’euros destinée à préserver le site. Cette aide vise à soutenir la transition industrielle et à maintenir l’emploi local, mais son montant pourrait ne pas suffire face aux choix stratégiques du groupe.
Réactions et calendrier
Sur le plan local, la direction, les syndicats et le personnel attendent avec attention la présentation de la nouvelle stratégie industrielle de Volvo, prévue en septembre. C’est à cette échéance que les intentions exprimées depuis la Chine et les pistes évoquées par la direction pourront se traduire, le cas échéant, en engagements concrets pour Gand.
Si la décision de produire des véhicules Geely en Europe se confirme et si certains modèles sont confiés aux sites actuels, Gand pourrait bénéficier d’un important bol d’air. À l’inverse, l’essor de l’usine slovaque et la nécessité d’optimiser des capacités excédentaires continuent de menacer la pérennité de certains volumes de production en Belgique.
La période qui s’ouvre reste donc cruciale pour l’emploi local et l’industrie automobile en Flandre : entre opportunités de diversification et arbitrages industriels, l’avenir de l’usine de Gand dépendra largement de décisions prises au niveau du groupe Geely‑Volvo au cours des prochains mois.