Le feu qui ravageait depuis vendredi une partie des Hautes Fagnes est désormais contrôlé sur l’ensemble de la zone, ont indiqué jeudi en soirée les services en charge des opérations. Une cinquantaine d’hommes et femmes des services d’incendie restent mobilisés sur le terrain pour sécuriser le secteur et surveiller d’éventuelles reprises.
Un dispositif encore actif mais la situation stabilisée
Les équipes ont porté leurs efforts sur la sécurisation des lisières et la protection des zones encore chaudes. Selon les autorités provinciales, le sinistre « ne présente actuellement plus de risque d’extension ». Les interventions se poursuivront toutefois tant que des foyers persistants subsisteront.
Renforts internationaux et actions de sauvetage
Des renforts néerlandais participent aux opérations : douze pompiers néerlandais — onze sur le terrain et un coordinateur — sont présents au moins jusqu’à dimanche, a précisé un porte‑parole des services de secours des Pays‑Bas. Leur prolongation au‑delà de cette date reste incertaine.
Les pompiers ont par ailleurs réalisé des actes de protection de la faune. Dans la matinée, un tétras lyre mâle a été récupéré dans la zone incendiée, une bonne nouvelle pour cette espèce menacée dont l’habitat a été fortement perturbé par l’incendie.
Une enquête ouverte et des tensions politiques
Avec la maîtrise du brasier s’engage désormais la phase d’enquête pour déterminer les causes précises du sinistre. Les autorités locales et provinciales devront coordonner les investigations, qui intéresseront aussi les responsables de la gestion des risques et de la conservation de la zone.
Dans l’arène politique, l’incendie a déclenché des critiques sur la préparation et la réaction des autorités. Le groupe Ecolo‑Groen a regretté l’absence du ministre du Climat Jean‑Luc Crucke lors des débats à la Chambre. La députée Sarah Schlitz a relayé des témoignages de pompiers alarmés par leurs conditions de travail et a exprimé des doutes quant à la capacité du pays à faire face à plusieurs crises simultanées :
« Comment feront‑ils quand deux crises de cette ampleur frapperont la Belgique ? »
François De Smet (DéFI) a, lui aussi, dénoncé « une forme de nonchalance de certains ministres », citant nommément le Premier ministre Bart De Wever et le ministre de la Défense Theo Francken. Il a appelé à ce que ce sinistre serve de « réveil » pour améliorer les dispositifs nationaux de prévention et de gestion des incendies.
Du côté des acteurs locaux, la bourgmestre de Jalhay, Victoria Vandeberg, a témoigné de son émotion devant les députés et a dénoncé selon elle une exploitation politique de la catastrophe par certains élus.
Éléments clés de l’intervention
- Situation : feu contrôlé sur l’ensemble de la zone
- Effectifs sur place : environ cinquante pompiers engagés pour la sécurisation
- Renforts : douze pompiers néerlandais déployés au moins jusqu’à dimanche
- Faune : un tétras lyre mâle secouru dans la zone incendiée
- Suite : ouverture d’une enquête sur les causes et les circonstances du sinistre
| Élément | Détail |
|---|---|
| Statut du feu | Contrôlé sur l’ensemble de la zone |
| Personnel encore engagé | Environ 50 personnes |
| Renfort international | 12 pompiers néerlandais |
| Faune protégée | Tétras lyre mâle secouru |
| Procédure | Enquête en cours |
Alors que l’urgence opérationnelle diminue, la gestion stratégique et la politique de prévention des feux de grande ampleur vont être remises en débat. Les parlementaires demandent des éclaircissements sur la coordination entre services, les moyens disponibles et la préparation à des épisodes simultanés, points qui feront sans doute l’objet de nouvelles auditions et rapports dans les prochaines semaines.
Sur le terrain, les équipes se concentrent désormais sur la surveillance pour éviter toute reprise et sur les mesures de protection des habitats fragilisés par les flammes.