Le ministère de l’Éducation et de la Formation du Vietnam a annoncé que la restructuration du réseau des établissements d’enseignement public — préscolaire, primaire, secondaire, formation continue et formation professionnelle — conduira à une diminution importante du nombre d’entités éducatives. Après les opérations menées par les collectivités locales, le total d’établissements publics dans 34 provinces et villes devrait passer de 37 138 à 19 785, soit une réduction de 17 353 établissements (46,7 %).
Des réductions très inégales selon les territoires
Le ministère souligne que la mise en œuvre de la restructuration est conduite à des rythmes différents selon les collectivités, en fonction des spécificités locales : réseau scolaire, démographie, géographie et périmètre des établissements concernés. Le taux de baisse varie fortement d’une localité à l’autre.
Dix collectivités devraient réduire leur nombre d’établissements de plus de 50 %. Parmi elles figurent des zones urbaines à forte densité comme Hanoï, mais aussi des provinces de taille plus modeste. Les chiffres communiqués montrent des baisses particulièrement importantes :
- Dong Thap : passage de 1 075 à 375 établissements (‑700 ; ‑65,1 %).
- Hung Yen : passage de 1 163 à 460 établissements (‑703 ; ‑60,4 %).
- Ha Tinh : passage de 652 à 291 établissements (‑361 ; ‑55,4 %).
- Thai Nguyen : passage de 929 à 426 établissements (‑503 ; ‑54,1 %).
- Lao Cai : diminution de 53,2 % (chiffres agrégés fournis).
- Hanoï : de 2 153 à 1 015 établissements (‑1 138 ; ‑52,9 %).
- Ninh Binh : de 1 566 à 737 établissements (‑829 ; ‑52,9 %).
Objectifs affichés et calendrier
Selon le ministère, les collectivités territoriales visent à achever cette réorganisation d’ici août, afin de permettre aux établissements subsistants de consolider leur organisation, de procéder aux recrutements nécessaires et de se préparer pour la rentrée scolaire 2026‑2027. La réforme concerne l’ensemble des niveaux : préscolaire, primaire, secondaire, mais aussi les établissements de formation continue et professionnelle.
Conséquences et questions ouvertes
La suppression de près de la moitié des établissements publics pose plusieurs enjeux : la mobilité des élèves, l’accueil dans les structures restantes, le maintien de l’accès à l’éducation pour les zones rurales ou isolées, ainsi que les implications pour le personnel enseignant et non enseignant confronté à la suppression d’emplois ou à des redéploiements. Le ministère met en avant la nécessité d’« consolider l’organisation » des établissements et de préparer l’année scolaire à venir, sans détailler dans la dépêche les mesures d’accompagnement social, les critères précis de fermeture ou les solutions pour les communautés fragiles.
La variation importante des taux de réduction selon les provinces reflète des réalités locales très différentes : densité de population, taille des réseaux scolaires, et contraintes géographiques. Certaines réductions massives, comme celles observées à Dong Thap et Hung Yen, posent des questions pratiques sur la transition pour les familles et la capacité d’accueil des écoles restantes.
| Localité | Avant | Après | Différence |
|---|---|---|---|
| Hanoï | 2 153 | 1 015 | ‑1 138 (‑52,9 %) |
| Dong Thap | 1 075 | 375 | ‑700 (‑65,1 %) |
| Hung Yen | 1 163 | 460 | ‑703 (‑60,4 %) |
Le ministère n’a pas, dans le communiqué consulté, publié de données complètes sur l’impact attendu en termes d’effectifs élèves transférés, de postes enseignants supprimés ou reclassés, ni sur l’étendue des fermetures par niveau d’enseignement. Les collectivités locales, chargées d’appliquer la réforme, devraient fournir des précisions au fur et à mesure de la mise en œuvre.
Pour les acteurs de l’éducation — familles, personnels scolaires, autorités locales —, la période qui précède la rentrée 2026‑2027 sera déterminante pour connaître l’ampleur réelle des transformations et les mesures d’accompagnement qui seront effectivement déployées.