Les résultats de l'enquête PISA 2025 publiés par l'OCDE montrent une détérioration des acquis scolaires dans les pays de l'organisation, tandis que plusieurs systèmes asiatiques restent en tête des classements internationaux.
Un recul sensible des scores dans l'OCDE
Dans son bilan, l'OCDE relève que, pour l'ensemble de ses pays membres, la tendance est à la baisse. Les diminutions sont particulièrement marquées en compréhension de l'écrit et en mathématiques, disciplines où le recul moyen atteint respectivement 28 et 22 points sur dix ans, selon les données publiées. En sciences, la baisse est moins prononcée mais reste tangible : les scores ont diminué en moyenne de 7 points dans les pays de l'OCDE entre 2015 et 2025.
« la performance moyenne la plus faible jamais observée »
Ces chiffres prennent de l'ampleur lorsqu'on rappelle, comme le souligne l'OCDE, que dans son référentiel, une vingtaine de points équivaut à une année de scolarité. Pour l'organisation, la chute constatée en mathématiques et en lecture représente donc un recul équivalent à plus d'une année d'apprentissage, sur la période considérée.
Des gagnants récurrents : l'Asie en tête
Comme lors des précédentes éditions, des pays et territoires d'Asie dominent les palmarès. Singapour arrive en tête pour la compréhension de l'écrit. Pour les mathématiques et les sciences, quatre provinces et métropoles chinoises évaluées par l'OCDE — Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang — se distinguent, occupant les premières places en sciences et en mathématiques. Macao, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud figurent également parmi les meilleures performances.
Des facteurs évoqués mais des questions persistantes
L'OCDE identifie plusieurs éléments susceptibles d'expliquer les tendances observées, sans réduire la dégradation à une cause unique. Parmi les pistes avancées figurent la modification des pratiques de lecture liée à la généralisation des écrans, la diminution de l'appétence pour la lecture chez les jeunes et des évolutions du rapport à l'école. Éric Charbonnier, spécialiste de l'éducation à l'OCDE, rappelle que la baisse de plus de 20 points en lecture et en mathématiques équivaut à une année d'école perdue.
- Lecture : recul moyen de 28 points dans l'OCDE sur dix ans.
- Mathématiques : baisse moyenne de 22 points dans l'OCDE.
- Sciences : diminution moyenne de 7 points dans l'OCDE; stabilité relative ailleurs.
En comparaison, les pays et économies hors OCDE participant à l'enquête connaissent des évolutions moins marquées : la baisse en compréhension de l'écrit y est de 16 points en moyenne, et celle en mathématiques de 8 points. Les performances scientifiques y sont globalement restées stables.
Conséquences et enjeux pour les systèmes éducatifs
Ces résultats posent plusieurs défis aux autorités éducatives : comment inverser la tendance sur la lecture et les mathématiques, et quel rôle jouent les nouvelles pratiques numériques dans l'apprentissage ? Les chiffres mettent également en lumière l'hétérogénéité des systèmes évalués : si certains territoires progressent ou se maintiennent à haut niveau, la moyenne des pays de l'OCDE recule.
Pour les acteurs de terrain — élèves, familles, enseignants et responsables politiques — l'enquête invite à une réflexion sur les priorités pédagogiques, les méthodes de lecture et l'accès aux apprentissages fondamentaux à l'heure du numérique. Les comparaisons internationales, en montrant des trajectoires différenciées, offrent à la fois des signaux d'alarme et des pistes pour s'inspirer des pratiques qui fonctionnent ailleurs.
Le rapport PISA 2025 devrait désormais alimenter les débats sur les politiques éducatives nationales et sur les stratégies à mettre en place pour endiguer le recul, en particulier dans les domaines de la lecture et des mathématiques.