La Semaine de la santé mentale, coordonnée en Wallonie par le Centre de référence en santé mentale (CRéSaM) et à Bruxelles par la Ligue bruxelloise pour la santé mentale (LBSM), met cette année le logement au centre de ses actions. L'initiative, qui s'inscrit dans le cadre de la Journée mondiale du 10 octobre, rassemble professionnels du soin et de l'accompagnement, pouvoirs locaux, associations et grand public autour du slogan #Toutes et tous concerné.es.
Un message clair : la santé mentale dépend aussi des conditions de vie
Les organisateurs rappellent que la santé mentale n'est pas l'apanage des personnes vivant avec un diagnostic psychiatrique : il s'agit d'un état qui concerne l'ensemble de la population et dont les déterminants sont multiples — individuels, relationnels, politiques et environnementaux. Face à la précarité résidentielle, ils pointent le rôle majeur du logement comme facteur de protection ou de risque.
« La santé mentale ne concerne pas uniquement les personnes qui vivent avec un trouble psychique. Nous avons tous une santé mentale dont les déterminants sont multiples et variés : individuels et relationnels mais aussi politiques et environnementaux. »
Des chiffres qui témoignent d'une urgence sociale
Les données citées par le CRéSaM et reprises dans la campagne soulignent l'ampleur du problème : selon le Service public fédéral Intégration sociale, au moins 48 000 personnes — adultes et enfants confondus — se trouvent actuellement sans-abri, mal logées ou menacées d'expulsion en Belgique. Les organisateurs estiment que l'instabilité résidentielle et l'insalubrité favorisent l'anxiété et la dépression, tandis qu'un logement sûr et stable favorise le rétablissement.
| Indicateur | Chiffre cité |
|---|---|
| Personnes sans-abri / mal logées / menacées d'expulsion | 48 000 |
| Participants édition précédente (événements nationaux) | plus de 1 500 |
Un programme divers et territorial
La campagne propose une série d'événements — conférences, ciné-débats, ateliers créatifs, balades, portes ouvertes — organisés par une pluralité d'acteurs : hôpitaux psychiatriques, services de santé mentale, CPAS, mutualités et établissements universitaires. Outre Bruxelles, des activités sont programmées à Namur, Liège, Leuze et Rixensart, ainsi qu'en ligne, afin de toucher différents publics et professionnels.
- Objectif : sensibiliser et créer des synergies entre secteurs du logement et de la santé mentale.
- Temps fort : journée d'étude le 6 octobre à Louvain-la-Neuve, axée sur les coopérations entre acteurs du logement et de la santé mentale.
- Public visé : professionnels, pouvoirs locaux, associations et grand public.
Pourquoi lier logement et santé mentale ?
Les intervenants insistent sur le fait que la qualité et la sécurité du logement influencent directement la stabilité émotionnelle, la capacité à suivre des soins et la réinsertion sociale. En contexte de mal-logement, l'augmentation du stress chronique, des troubles anxieux et des épisodes dépressifs est documentée par des études citées par les organisateurs. À l'inverse, un « chez‑soi » sécurisé constitue un levier important pour le rétablissement et la prévention.
Les porteurs de la Semaine souhaitent que les échanges amorcés durant la campagne nourrissent des politiques publiques permettant d'articuler davantage les réponses en matière de logement et de santé mentale : prévention, accompagnement social, accès aux soins et solutions de logement adaptées. Ils appellent également à une mobilisation locale soutenue afin d'atteindre les personnes les plus vulnérables.
Face à la conjonction de l'augmentation des risques résidentiels et des besoins en santé mentale, la semaine offre un cadre pour sensibiliser, partager des pratiques et encourager des collaborations entre acteurs, en vue d'atténuer l'impact du mal-logement sur le bien-être psychique en Belgique.